Bertrand Cantat cette énigme

Cette personne, me donne envie de lire Friedrich Nietzsche, pas le relire, non le lire, lire le livre que je n’ai pas lu de lui. Peut-être un live qu’il a écrit lorsqu’il avait mon âge. Car Bertrand Cantat est une énigme humaine attisée par la haine. Ce qui me fascine le plus dans cette question qu’il soulève c’est le fait de pouvoir se relever, comment se relever d’une carrière unanimement brisée ? Une énigme comme Nietzsche, le genre de gars dans lequel l’on préférait peut être ne pas tomber, celui que l’on n’aimerait pas lire, car l’on sait qu’il va nous obséder, nous questionner jusqu’à la mort.
Alors bien sûr il paye pour un nom acquis, une notoriété dans le sang. Noir Désir était célèbre, Bertrand Cantat n’était pas grand chose, toujours à l’ombre de son groupe. Puis le Minotaure est né. Son nom s’est fait sur une médiation morbide, il n’y peut rien, mais le sang l’a rendu célèbre voilà tout le problème mais passons. Non pas l’éponge. Passons en revue le questionnement. Toujours debout, toujours droit, toujours vivant ? Impressionnant. Preuve que la force première n’était pas humaine, pas complément.
Amor Fati est un bon disque. Et la chanson éponyme est géniale. Produite 20 ans trop tard, mais mieux vaut tard que jamais, mieux vaut vivant que mort, c’est ce que rappel la chanson chaque seconde.

Je veux profondément relire Nietzsche s’il le faut, ce monstre boursouflé était l’écho de la vie. Écrire. Lire. Peindre. Jouer. Écouter. Chaque fois que je trouve mon souffle. Un souffle refusé.

Mais comment trouver la distance nécessaire pour lire Nietzsche ? Comment trouver le calme, les grands espaces dans la tourmente ? Se faire croire.

Bah oui, le gars est fou, sûrement même, mais sacrément vivant, comme un diable, comme un homme, comme un dieu, comme un taureau. Essaye de faire face à l’animal tu t’y brûleras sûrement.

John Frusciante DC EP (2004)

Maintenant que le disque est devenu une matière morte, il ne reste que l’histoire autour et l’expérience pure, Gandhi Vert est fier de vous présenter sa nouvelle rubrique radio active : Les Meilleurs Disques du Monde… / Les Meilleurs Disques de tous les Temps

John Frusciante DC EP (2004)

John Frusciante, avant d’être guitariste d’un célèbre groupe de rock est un des meilleurs songwriter de tous les temps. En 2004 il sort, DC EP, un EP de 4 titres, d’une simplicité enfantine. Le dernier titre Repeating est un exemple d’efficacité, de profondeur. A écouter très fort dans une voiture, au casque ou n’importe où. Il n’y a presque rien à comprendre tellement c’est évident, tout est dit, et cela se répète à l’infini.

Sortir de l’épouvantail CO2

Depuis une dizaine d’années, la problématique du gaz à effet de serre (émission de co2) qui réchauffe le globe sert à faire passer toutes les mesures les plus régressives environnementalement. C’est ainsi que le nucléaire a bénéficié d’une seconde chance médiatique inespérée, soi-disant que cette énergie violente, du passé, pouvait permettre de sortir de cette problématique. Au final, la problématique de l’effet de serre a agi comme un épouvantail. Et le réel problème environnemental vient davantage de la radioactivité et des pesticides, qui occasionnent des cancers et autres mutations génétiques, que de l’augmentation du CO2. À condition de placer le curseur à l’échelle de l’homme évidemment… Et si l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère est plus ou moins inéluctable, ce n’est pas le cas de l’émission de radioactivité de centrales vieillissantes.

Alors, sortons de cette obsession débile de l’augmentation du CO2 qui sert finalement à faire peur à tout le monde, et fait le jeu des lobbys industriels polluants comme le nucléaire (ou l’industrie automobile et agricole). Une seule centrale qui explose en France et c’est la fin d’un pays et de son industrie touristique. 10% de CO2 de plus émis ne changera pas fondamentalement la question du réchauffement climatique. Par ailleurs, l’homme pourra bien plus facilement s’adapter sur le long terme à un réchauffement climatique (ammorcé depuis le XIXe siècle avec l’avènement du charbon) alors qu’il ne pourra jamais s’adapter à la pollution radioactive et quasi éternelle de son sol.

La question est plutôt la suivante : faut-il penser en priorité à l’homme ou à un état d’équilibre « supposé » de l’environnement?
S’il s’agit de plaider la cause environnementale, la finalité pour moi et l’unique sens de cette démarche restera toujours l’homme la seule espèce véritablement en voie de disparition à ce jour à Tchernobyl et à Fukushima…

Le nucléaire Buzz en France

Et voila, c’est bon, le nucléaire est dans le vent en France (et plus seulement en Allemagne), les gens en parlent à commencer par les journaux, qui n’hésitent plus à parler franchement sur le sujet (Le Monde, Libération qui titre «Les déchets nucléaires sont une vraie patate chaude dont personne ne veut», Le Figaro).

Le train de déchets nucléaires semble faire son chemin auprès de l’opinion publique.

Continuons à communiquer sur la réalité du nucléaire et de ses pollutions. Car le nucléaire ce n’est pas quelque chose de magique qui guérit de tous les maux de notre siècle (CO2, demande croissante d’énergie électrique), en toute transparence. Non le nucléaire c’est une activité économique et militaire basée sur le secret et l’autoritarisme. Il n’y a pas de transparence en matière de nucléaire, car il ne peut pas y en avoir, tout comme il n’y a pas de magie : les déchets sont la, et il arrive que les trains qui parcourent notre pays soient chargés de dix fois de la radioactivité générée par l’accident de Tchernobyl. C’est ça la réalité du nucléaire.

Alors, continuons de communiquer, et merci à tous ceux qui après être informés votent, font leur travail d’information, de citoyens actifs, et non pas lobotomisés. Il n’y a aucune fatalité à partir du moment ou les choses sont dites.

Gandhi Vert est fier de faire partie de cette information citoyenne !

EDIT : C’est désormais dans le monde que le nucléaire est « dans le vent », dans l’air, en partant du pays réputé le plus solide en terme de sécurité nucléaire… Le japon 🙁

A quand Paris sans voiture ?

La vision de ces images prises à Utrecht (Pays-bas) me fait rêver… A quand un Paris sans voiture ? Les voitures sont le cancer de cette ville.

La voiture dans la ville est comparable à un cercueil roulant, elle empoisonne les gens comme l’amiante su le faire. Elle congestionne la ville, la rend bruyante, désagréable, violente et étouffante.

Voilà pourquoi au contraire de baisser le prix du carburant, il faut autour de Paris l’augmenter de 30% puis de 50% et ainsi de suite. Voilà pourquoi il est bon de fermer les voies sur berges. Ce mode de transport n’a plus sa place dans la ville. Et il en est de même de ces verrues de scooters, qui n’hésitent plus, maintenant que la chaussée est bloquée par la voiture, à rouler sur les trottoirs de la ville.

Il est temps de faire un grand bond en avant, et de considérer la voiture dans la ville comme la cigarette. Car en plus la voiture à Paris, on ne parle de pas de Porsche ou de Maserati, de Lamborghini, de Ferrari, non la voiture à Paris c’est moche, c’est cheap, ça pue la pauvreté, le salariat minable, la famille au rabais. C’est le règne de la mégane. Des voitures pourries. Pwouahh ! Allez bandes de ploucs, d’abominables boucs, le cul sur un vélo et fissa !!

Cinéma & Film Documentaire

Pour tous les amateurs de films je viens de lancer un nouveau site consacré au cinéma actuel, à savoir… pas seulement celui des salles de cinéma :

« l’idée du site est de mettre en lumière, ou simplement d’être le relais, le promoteur, d’un nouveau type de cinéma, ou tout du moins d’un nouveau type de films. Celui qui fait avec les moyens du bord, et qui tente par tous les moyens possibles et imaginables d’être original, intéressant ou esthétique. »

Le design du site va changer prochainement, mais l’idée et la motivation sont la, donc n’hésitez pas à mettre le site en lien et à revenir souvent !

Cinéma & Film Documentaire :
http://www.cinemafilmdocumentaire.fr/

La Centrale Elisabeth Filhol

Un roman à succès sur le nucléaire. Merci à Mme Lo pour cette critique.

Elle ne laisse personne indifférent : mystérieuse, elle séduit ou fait peur. Fantasmée, redoutée, la centrale nucléaire fait partie du quotidien de chaque citoyen, et encore plus de celui de ses soldats qui se relayent pour en assurer le fonctionnement.
C’est de leur histoire que témoigne Elisabeth Filhol dans un roman où le style d’écriture est sans limite. Cela pourrait être un poème, une chanson, du slam, un discours, une prière, offrant ainsi une grande liberté de lecture.
Pas de pathos mais une grande virée esthétique dans un monde que l’on croit connaître, et qui se dévoile peu à peu au fil des 141 pages. Un destin peu commun pour ces hommes souvent pénétrés par des doses radioactives, prêts à flirter avec le pire pour atteindre le coeur de leur centrale et honorer la mission.
On ne sait plus qui de l’homme ou du réacteur est une machine, qui est contrôlé par l’autre. Les deux s’entremêlent, se complètent, se détestent puis s’adorent, se craignent et fusionnent. Une histoire d’amour proche de la science fiction, mais c’est avec un certain trouble que l’on fait face à la réalité : des vies sur la sellette au service de la fée électricité.

Voici un extrait de la critique de Telerama :

Elle est un peu comme le Moloch de la Bible. Ou comme l’usine divinisée du Metropolis de Fritz Lang qui dévore ses ouvriers. Un dieu et un monstre à la fois, sans affect, énorme et froid, imperturbable, « impénétrable, indestructible ». Un corps de béton gris dans lequel sommeille « une énergie colossale, contenue, tout est là, dans un confinement qui ne demande qu’à être rompu pour donner toute sa mesure ». Elle, c’est « la centrale » – entendez, plus précisément, centrale nucléaire, et même CNPE, Centre nucléaire de production d’électricité -, non seulement décor, mais objet, voire sujet, de ce premier roman remarquable. Pleinement ancré dans le monde contemporain. D’une construction faussement simple – de fait, très savamment architecturée, disloquant notamment la chronologie de façon troublante. D’un bout à l’autre fermement conduit par Elisabeth Filhol, dont la phrase élastique, volontiers longue et jalonnée d’incises dès lors qu’elle s’emploie à patiemment et rigoureusement exposer ou décrire – un paysage naturel ou industriel, une situation, un rêve -, sait aussi se faire courte et nerveuse lorsqu’il s’agit d’épouser les pensées, les désarrois, l’anxiété ou l’effroi de ses personnages.

Lire la suite sur Telerama :

http://www.telerama.fr

Thierry Henry le magicien

Ok, pas de lien direct avec l’environnement dans ce billet d’humeur sur un sujet archi rabattu : la qualification de l’équipe de France pour la coupe du monde.
Seulement, voila, je n’en peux plus de la culpabilité omniprésente, et de ce débat qui persiste. Je fais mon coming out, car il n’est jamais trop tard : je trouve la qualification de l’équipe de France magique, surréaliste, superbe, salvatrice. Et je pense que tous les Français qui se flagellent en évoquant un soi-disant « honneur » sont ridicules et ingrats. Je pense que tous ceux qui conspuent Thierry Henry sont de bons gros loosers.

Et puis le voila mon lien avec l’environnement : je pense que s’il y a lieu d’avoir une honte franco-française, il y a déjà celle d’être le pays le plus nucléarisé du monde. Il est toujours possible d’éteindre sa télé pour ne pas voir l’équipe de France, mais une centrale nucléaire ne s’arrête pas comme ça. Mais ici, cela n’intéresse personne, le petit crime contre l’humanité que l’on est en train de construire, tout doucement, en France et en toute bonne conscience, non.
C’est bien plus important de culpabiliser lorsqu’il n’y a pas lieu de le faire ; et de prendre très au sérieux un jeu, nier la magie, le réflexe salvateur.

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L’intuition selon le Dr Jean-François Masson

Nouvelles Clés : Le médecin doit-il prendre des précautions particulières quand il utilise son intuition au service de ses patients ?

Jean-François Masson : Quand on utilise son intuition, il faut clairement revendiquer le droit à l’erreur et, en échange, toujours s’astreindre à vérifier la moindre de ses intuitions. Si je ne le faisais pas, je deviendrais un imposteur. Vérifier ses intuitions en posant des questions au patient. Lui dire franchement : “ Écoutez, j’ai une intuition… ” Ensuite, on creuse. Exemple : je recois une maman avec un petit garçon qui a de l’exzéma. La question que je pose à cette femme lui semble incongrue par rapport à la maladie de son fils : je lui demande de me dire comment s’est passé sa grossesse. Elle ne comprend pas pourquoi j’insiste autant sur un épisode aussi lointain. Dix minutes plus tard, je reviens à la charge. Finalement, j’apprends que pendant sa grossesse, cette maman a perdu son père et qu’elle a eu énormément de chagrin. Or, son enfant a typiquement un exzéma de chagrin…
Mais, attention : celui qui ne fonctionne qu’à l’intuition dérive très vite. Plus je suis intuitif, plus je dois être rigoureux. Vérifer, encore et toujours. Au début de ma carrière, je ne faisais pas suffisamment confiance à mon intuition, c’est-à-dire que je n’avais pas confiance en moi et laissais toujours passer les deux ou trois petites secondes où, en un clin d’œil, on sait déja tout. Ce moment est très bref, très discret et nécessite pour être perçu que l’on soit disponible, détendu, réceptif, à l’écoute et en même temps concentré, car il faut noter, dans un coin de sa tête, ce que nous disent ces deux ou trois petites secondes.
Le problème, la plupart du temps, c’est qu’on a tellement peu confiance en soi qu’on se met tout de suite à réflechir, évacuant de facto la subtile intuition – alors qu’il faut l’accueillir et creuser. C’est ce que je fais maintenant.

Nouvelles Clés : Cette connaissance “ mystérieuse ” ne vous fait jamais peur ?

Jean-François Masson : Dans la vie, je suis plutôt d’un naturel anxieux, inquiet, émotif, une horreur !
Mais dans mon boulot, non, tout cela disparaît. Là non plus, je ne sais pas pourquoi. C’est une bénédicition, car les études de mèdecine sont plutôt génératrices d’angoisses… Cela dit, je le répète, plus je suis intuitif, plus je suis rigoureux, plus je travaille. Pour que l’intuition puisse se lâcher, se libèrer, il faut d’abord s’appuyer sur quelque chose de solide et donc beaucoup travailler. C’est ça qui permet d’échapper à la peur – et de se libérer du mental ! Les grands visionnaires, qu’ils soients musiciens, scientifiques ou thérapeutes, travaillent et étudient sans relache, et c’est parce qu’ils travaillent beaucoup qu’ils sont rassurés et que leur intuition peut émerger.
Cela dit, vous n’avez pas tort de poser la question. L’intuition fait peur. Moi, quand je vois arriver des gosses et que JE SAIS ce qu’ils ont avant même qu’ils n’ouvrent la bouche, c’est comme un choc esthétique qui me fiche la trouille. Ça donne une impression de toute-puissance qui, si on n’y prête pas attention, peut certainement favoriser des comportements pervers. Et puis je crois que le sentiment de toute-puissance stérilise la véritable intuition. Prenez l’exemple du Temple Solaire et d’un de ses gourous, un grand homéopathe, un homme formidable, génial, compétent, sérieux, sorti d’une très bonne école, et à un moment, paf ! Il pête les plombs… Cela peut hélas arriver à tout le monde. C’est pourquoi j’ai besoin de.gardes-fous, en permanence. Chaque semaine, je rencontre une « sage », une vieille dame qui m’aide à rester dans mon axe. Et bien sûr, je travaille par ailleurs la logique, la rigueur, le recyclage de mes connaissances. Ce qui m’aide aussi à ne pas basculer, c’est de revenir sur terre : humain, humus et humilité ont la même racine. Pour utiliser son intuition, il faut beaucoup d’humilité.
Dans ces moments-là, tout va très vite. Je peux vous donner des exemples stupéfiants : il m’arrive de “ savoir ” ce dont souffre un patient avant même qu’il ne soit entré dans mon cabinet. Il y a quelques jours, j’ai senti qu’un homme avait une métastase au poumon bien avant qu’il n’arrive chez moi !

Lire la suite sur le site http://www.nouvellescles.com (propos recueillis par H. Guermonprez pour le site NouvellesCles.com