Gandhi Vert

Nucléaire et Culture Environnementale

La Centrale Elisabeth Filhol

Par • 16 fév, 2010 • Catégorie: Culture

Un roman à succès sur le nucléaire. Merci à Mme Lo pour cette critique.

Elle ne laisse personne indifférent : mystérieuse, elle séduit ou fait peur. Fantasmée, redoutée, la centrale nucléaire fait partie du quotidien de chaque citoyen, et encore plus de celui de ses soldats qui se relayent pour en assurer le fonctionnement.
C’est de leur histoire que témoigne Elisabeth Filhol dans un roman où le style d’écriture est sans limite. Cela pourrait être un poème, une chanson, du slam, un discours, une prière, offrant ainsi une grande liberté de lecture.
Pas de pathos mais une grande virée esthétique dans un monde que l’on croit connaître, et qui se dévoile peu à peu au fil des 141 pages. Un destin peu commun pour ces hommes souvent pénétrés par des doses radioactives, prêts à flirter avec le pire pour atteindre le coeur de leur centrale et honorer la mission.
On ne sait plus qui de l’homme ou du réacteur est une machine, qui est contrôlé par l’autre. Les deux s’entremêlent, se complètent, se détestent puis s’adorent, se craignent et fusionnent. Une histoire d’amour proche de la science fiction, mais c’est avec un certain trouble que l’on fait face à la réalité : des vies sur la sellette au service de la fée électricité.

Voici un extrait de la critique de Telerama :

Elle est un peu comme le Moloch de la Bible. Ou comme l’usine divinisée du Metropolis de Fritz Lang qui dévore ses ouvriers. Un dieu et un monstre à la fois, sans affect, énorme et froid, imperturbable, « impénétrable, indestructible ». Un corps de béton gris dans lequel sommeille « une énergie colossale, contenue, tout est là, dans un confinement qui ne demande qu’à être rompu pour donner toute sa mesure ». Elle, c’est « la centrale » – entendez, plus précisément, centrale nucléaire, et même CNPE, Centre nucléaire de production d’électricité -, non seulement décor, mais objet, voire sujet, de ce premier roman remarquable. Pleinement ancré dans le monde contemporain. D’une construction faussement simple – de fait, très savamment architecturée, disloquant notamment la chronologie de façon troublante. D’un bout à l’autre fermement conduit par Elisabeth Filhol, dont la phrase élastique, volontiers longue et jalonnée d’incises dès lors qu’elle s’emploie à patiemment et rigoureusement exposer ou décrire – un paysage naturel ou industriel, une situation, un rêve -, sait aussi se faire courte et nerveuse lorsqu’il s’agit d’épouser les pensées, les désarrois, l’anxiété ou l’effroi de ses personnages.

Lire la suite sur Telerama :

http://www.telerama.fr

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4 Réponses »

  1. Si ça peut ouvrir les consciences au danger des centrales, je vote pour !

  2. Pour plus d’infos sur le sujet, je vous invite à lire :  » Je suis décontamineur dans le nucléaire », un récit authentique et émouvant écrit par l’un de ces invisibles qui oeuvrent chaque jour dans le coeur de l’atome. Un voyage extraordinaire, plus que des secrets, une véritable révélation…

  3. Merci Claude, c’est très intéressant et je n’y manquerai pas !

  4. Finalement après avoir vu votre diaporama je ne lirais pas votre livre même si je respecte votre démarche.

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