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David Servan-Schreiber & le cancer

Par • 9 Oct, 2008 • Catégorie: Pratique

David Servan-Schreiber est psychiatre, professeur de psychiatrie, Université de Pittsburgh, auteur de Anticancer (Robert-Laffont, 2007)

 Depuis 1940, nous assistons dans nos sociétés à une augmentation rapide et considérable des cancers les plus fréquents (poumon, sein, prostate, colon). (…)

Aujourd’hui, nous disposons d’infiniment plus de données sur les causes probables de l’épidémie de cancer moderne que nos ancêtres n’en disposaient à propos du choléra. Le Fonds international de recherche sur le cancer a conclu, dans son rapport de 2007, que « la plupart » des cas de cancer dans les sociétés occidentales pourraient être évités en changeant nos modes de vie :

– 40 % par des modifications de l’alimentation et de l’activité physique (consommer plus de légumes et de fruits, moins de sucre, moins de viande rouge ; marcher régulièrement ou faire 30 minutes d’exercice physique, six fois par semaine) ;

– 30 % par l’arrêt du tabac ;

– et 10 % par la réduction de la consommation d’alcool. Il existe aussi maintenant des donnés précises montrant que certains aliments, comme le brocoli, les choux, l’ail, les oignons, le curcuma peuvent aider directement à tuer les cellules cancéreuses et réduire la croissance des nouveaux sanguins dont elles ont besoin pour se développer en tumeurs menaçantes.

La réduction des produits chimiques cancérigènes abondamment présents dans notre environnement moderne (pesticides, estrogènes, benzène, PCB, alkylphénols des produits nettoyants, parabènes dans les cosmétiques et les shampoings, phtalates dans les plastiques, etc.) pourraient également contribuer au recul du cancer, comme le reconnaît désormais une commission de l’INSERM sur « cancer et environnment ».

En négligeant d’investir dans les recherches et les programmes préventifs qui découlent de ces faits scientifiques établis, en refusant même d’en discuter, nous créons un sentiment d’impuissance vis-à-vis du cancer. La plupart des gens continuent de voir le cancer comme une sorte de roulette russe génétique, alors qu’il n’en est rien. Face au cancer, nous devons certes éviter de donner de faux espoir, mais nous devons lutter encore plus énergiquement contre le faux désespoir. Il est temps de pousser notre société, et chacun d’entre nous, à affronter dès aujourd’hui les causes de cette épidémie moderne. 

Source :
Le Monde

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