Les retombées radioactives de Fukushima

Alors que le « panache » fait son tour de l’hémisphère nord, il est déjà possible de connaître certaines retombées en terme de radioactivité.

Au Japon, le premier ministre a ordonné ce mercredi 23 mars l’interdiction de la consommation de lait cru et de légumes provenant de la région proche de la centrale de Fukushima car ils contiennent des niveaux de radioactivité jusqu’à 8 fois supérieurs aux normes. Sur certains, le niveau de Césium est 160 fois plus élevé que le seuil de sûreté.
Les côtes japonaises sont également au centre des inquiétudes : « Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 mètres de la berge, les résultats montrent des niveaux en iode 131 de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise», précise l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN).
A Tokyo, des traces de radioactivité sont décelées dans l’eau du robinet.
Le Japon est de plus en plus menacé de pénurie alimentaire.
A souligner également l’irradiation subie par les ouvriers de Fukushima. Aux dernières nouvelles, ils ont d’ailleurs été obligés d’interrompre leurs travaux en raison du taux de radioactivité trop élevé.

En France, le nuage semble avoir touché le pays de façon limitée. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) à d’ailleurs confirmé le caractère négligeable du « panache », tout en promettant de réaliser des analyses détaillées de son côté.

Il est d’ores et déjà possible de surveiller la radioactivité dans l’air sur le site de l’IRSN qui actualise les données toutes les 4 heures. L’IRSN communiquera également dans les prochains jours d’autres mesures effectuées sur les filtres aérosols et les eaux de pluie.

NKM : le coming-out cramé

Ca y est elle l’a fait, le nucléaire «est une bonne énergie non carbonée»… Peut-être pas finalement, à la lumière de la tragédie japonaise. En revanche, à défaut donc d’être une bonne énergie faiblement carbonée, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est bien carbonée, cramée, et son coming-out en faveur du nucléaire tombe au pire moment imaginable pour elle : une conférence de presse pathétique, quelques interventions mal senties, à contre sens de l’histoire, des événements.
Car l’énergie nucléaire, à défaut de vivre ses dernières heures, est pour autant bel est bien sur le déclin. Un déclin qui avait déjà commencé en 1986 avec Tchernobyl et qui s’achève avec le pathétique spectacle d’une industrie imbue d’elle-même, impuissante. L’énergie nucléaire vient de se brûler les ailes définitivement. Le peuple avec et c’est inadmissible. Tout politique qui cautionne cet abîme doit quitter ses fonctions, voilà mon sentiment profond.

Malaises nucléaires en chaîne

L’instabilité due aux secousses sismiques ne laisse rien présager de bon au Japon. La centrale de Tokai connaît un arrêt d’une de ses pompes du système de refroidissement, et la situation est toujours très critique dans les deux centrales nucléaires de Fukushima. Une radioactivité anormale a été détectée aux abords de la centrale d’Onagawa. Et en France, notre ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet soutient que « l’énergie nucléaire reste une bonne énergie-base décarbonée ».

Une catastrophe nucléaire en Chine conséquence du séisme ?

feltenchine nucléaire

Le séisme chinois semble annoncer une catastrophe écologique. Deux usines chimiques dans la ville de Shifang ont notamment été intégralement détruites déversant au passage 80 de tonnes d’ammoniaque dans la nature.

Mais le plus inquiétant est la présence d’usines nucléaires importantes dans la région de Sichuan.

A quelques centaines de kilomètres seulement de l’épicentre du séisme (Yingxiu) se trouve plusieurs sites nucléaires à haut risque dont le “Yibin Nuclear Fuel Element Plant” (centrale nucléaire en partenariat avec Areva), qui fournit la totalité des recharges de combustibles aux Réacteurs en Eau Pressurisée chinois de Daya Bay Quinshan et Ling Ao. L’usine produit également des armes nucléaires (production de plutonium).

Selon un document d’areva :
“L’usine de fabrication de combustible pour Réacteurs à Eau Pressurisée (REP) située à Yibin, dans la province du Sichuan, fournit à Qinshan-1 près de 11 tonnes d’assemblages combustibles par an. Une 2nde chaîne de production a été établie sur le même site. Elle fournit 26 tonnes d’assemblages combustibles par an aux réacteurs de Daya Bay. L’usine de Yibin est appelée à se développer dans les prochaines années.”

cf- http://www.areva-np.com

La région comporte en outre selon un document d’Areva de nombreux réacteurs de recherche.

Ces centrales ont forcément été touchées compte tenu de l’ampleur du séisme, il s’agit donc de savoir quelles sont les conséquences réelles du séisme sur ces installations à haut risque.

En cas de désastre, la responsabilité française serait accablante, compte tenu du fait que le transfère de technologie est directement imputable à la France. Ne regardez donc pas trop la presse française pour connaître la vérité sur ce problème, même si le figaro annonce quand même aujourd’hui que : “Pour se prémunir de tout éventuel incident écologique, notamment dans les centrales nucléaires, la Chine a envoyé 21 experts dans les zones sinistrées. Ils doivent s’assurer de la sécurité des installations nucléaires, chimiques, les cimenteries et autres installations «sensibles» dans les zones touchées, indique un communiqué sur le site du ministère chinois de la Protection de l’environnement.”

Rappelons enfin que l’année dernière la centrale de Kashiwazaki-Kariwa au japon avait été également touchée par un séisme : elle est toujours fermée depuis.

 

EDIT : (AFP, 13/05/2008 19:19)

Nucléaire chinois: un institut français n’exclut pas des dommages

PARIS, 13 mai 2008 (AFP) – Les experts français de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire n’ont pas exclu mardi que le tremblement de terre dans l’Ouest de la Chine ait pu endommager des installations chinoises nucléaires de recherche ou de fabrication de combustible.

« Les quatre sites produisant de l’électricité en Chine (Lingao, Daya Bay, Qinshan, Tianwan) sont situés sur la côte orientale, à plus de 1000 km de l’épicentre », ont indiqué ces experts dans une note d’information. « Il est probable que ces réacteurs n’ont pas subi de dommages notables, ce qui devra être confirmé à l’issue des inspections demandées par les autorités chinoises », ajoute l’IRSN. Toutefois, « plusieurs installations nucléaires autres que celles produisant de l’électricité (usines de fabrication du combustible, réacteurs de recherche) sont répertoriées dans la région du Sichuan, dont certaines à des distances inférieures à 100 km de l’épicentre du séisme », relèvent les experts du bureau d’évaluation des risques sismiques de l’Institut. « Compte tenu de la forte accélération observée à 70 km de l’épicentre (250 cm/s2) il n’est pas possible à ce stade d’exclure que ces installations aient pu subir des dommages« , ajoutent-ils.

Sources :

http://www.lefigaro.fr

http://www.industrie.gouv.fr

http://www.dauphine.fr

http://www.areva-np.com

http://www.irsn.org/

Un accident nucléaire majeur au Japon dans la plus grande centrale du monde

Nouvel accident nucléaire majeur au Japon, dans la centrale de Kashiwazaki-Kariwa (la centrale la plus puissante au monde) à la suite d’un séisme, lundi 16 juillet 2007.
Pas moins de cinquante dysfonctionnements ont été identifiés : fûts radioactifs ouverts, fuites radioactives dans l’atmosphère et dans l’eau (1.200 litres d’eau radioactive s’étaient déversés en mer à partir de la centrale selon la TEPCO), incendies etc.
La société Tokyo Electric Power Co coupable de nombreux camouflage d’incidents est plus que jamais montrée du doigt, notamment par le gouvernement.

Il semble de plus en plus évident qu’une centrale nucléaire est incapable de résister à un tremblement de terre important.
Rappelons que les centrales japonaises ont été construites en collaboration avec le français Areva, également constructeur des centrales françaises.

En France:
Le resau sortir du nucléaire précise que les
centrales d’ EDF ne sont pas adaptées au risque sismique français
, ce qui représente un grave danger pour la sûreté de ces installations.

EDF refuse en effet de réaliser des travaux pour mettre ses centrales aux normes (2 milliards d’euros de travaux nécessaires).
Cf- http://www.sortirdunucleaire.org/

En Allemagne:
Enfin précisons que les Allemands semblent désormais déterminés à fermer rapidement leurs vieilles centrales nucléaires. « Nous devons nous éloigner de ces menaces, de ces vieux réacteurs » a dit
le ministre social-démocrate, en réaction notamment aux récents accidents nucleaires Allemands.
Cf- Un accident nucléaire majeur en Allemagne

 

 

Pour en savoir plus:

Le Japon s’alarme d’une nouvelle fuite radioactive (Liberation)

Le Japon s’inquiète de nouvelles fuites
radioactives
(Le Figaro)

Le Nucléaire n’est pas en forme! (Le Gandhi Vert)

Kashiwazaki-Kariwa.jpg

 

Un accident nucléaire majeur en Allemagne

Un incendie s’est déclaré mardi (3 juillet 2007) dans une centrale Allemande dans le nord du pays (Krümmel). Comme d’habitude l’incident à d’abord eté minimisé afin de ne pas heurter l’opinion publique déjà réticente sur le nucléaire.

A quelques jours d’un sommet sur l’énergie à Berlin cet incident tombe mal pour les pro-nucléaires qui veulent continuer à imposer ces technologies rétrogrades et dangereuses soit-disant pour répondre au problème des émissions de CO2.

Pour en savoir plus, un article de Libération :
Allemagne : la coalition se lézarde sur le nucléaire