Radioactivité 10 millions de fois supérieure à la normale à Fukushima

Un technicien a relevé un taux de radioactivité de l’eau échappée du réacteur n°2 10 millions de fois supérieur à la norme dans la centrale de Fukushima.
Les travaux ont été interrompus et les 700 employés évacués.
Comme l’indique un expert de l’IRSN, cette mesure est une preuve que le coeur du réacteur a fondu.

Sur les côtes au large de la centrale, les nouvelle mesures indiquent que le degré d’iode 131 est 1 850 fois plus élevé que la normale.

A Tokyo, la dose de radioactivité ambiante est désormais six fois supérieure au niveau habituel.

Les retombées radioactives de Fukushima

Alors que le « panache » fait son tour de l’hémisphère nord, il est déjà possible de connaître certaines retombées en terme de radioactivité.

Au Japon, le premier ministre a ordonné ce mercredi 23 mars l’interdiction de la consommation de lait cru et de légumes provenant de la région proche de la centrale de Fukushima car ils contiennent des niveaux de radioactivité jusqu’à 8 fois supérieurs aux normes. Sur certains, le niveau de Césium est 160 fois plus élevé que le seuil de sûreté.
Les côtes japonaises sont également au centre des inquiétudes : « Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 mètres de la berge, les résultats montrent des niveaux en iode 131 de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise», précise l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN).
A Tokyo, des traces de radioactivité sont décelées dans l’eau du robinet.
Le Japon est de plus en plus menacé de pénurie alimentaire.
A souligner également l’irradiation subie par les ouvriers de Fukushima. Aux dernières nouvelles, ils ont d’ailleurs été obligés d’interrompre leurs travaux en raison du taux de radioactivité trop élevé.

En France, le nuage semble avoir touché le pays de façon limitée. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) à d’ailleurs confirmé le caractère négligeable du « panache », tout en promettant de réaliser des analyses détaillées de son côté.

Il est d’ores et déjà possible de surveiller la radioactivité dans l’air sur le site de l’IRSN qui actualise les données toutes les 4 heures. L’IRSN communiquera également dans les prochains jours d’autres mesures effectuées sur les filtres aérosols et les eaux de pluie.

Un nuage radioactif qui passe les frontières

La France sera touchée mercredi ou jeudi par le nuage radioactif résultant des rejets des réacteurs endommagés de la centrale de Fukushima selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. D’après l’IRSN : « le panache radioactif aurait actuellement atteint le nord-est de la Sibérie, les Etats-Unis et l’ouest de l’Atlantique. Il devrait atteindre la France à partir du 23 ou 24 mars. »

Des traces dans les aliments
Déjà au Japon des niveaux de radioactivité anormaux ont été mesurés dans du lait et des épinards (dans la région de Fukushima) ainsi que dans l’eau du robinet à Tokyo et ses environs. La limite légale pour la teneur en iode 131 a cependant été ponctuellement dépassée le 17 mars dans l’eau courante d’une municipalité de la préfecture de Fukushima, située à 45 kilomètres de la centrale. Par ailleurs, des aliments exportés à Taïwan contenaient des traces de radioactivité.

Sur la modélisation ci-dessous, on voit bien que plusieurs continents seront touchés. Mais pour l’heure, aucun média n’évoque les conséquences des rejets radioactifs et du nuage dans l’océan. Et je pense qu’elles ne sont pas minimes…

EDIT le 21/03/2010 : Le nuage radioactif qui passera en France mercredi et jeudi concentrera 0,001 becquerel de césium 137 par mètre cube d’air. Bien qu’inférieures aux concentrations enregistrées en 1986 lors de la catastrophe de Tchernobyl, les concentrations du « panache » seront bien au-dessus de la moyenne en France, qui est, selon l’IRSN, de 0,000001 Bq/m3.

NKM : le coming-out cramé

Ca y est elle l’a fait, le nucléaire «est une bonne énergie non carbonée»… Peut-être pas finalement, à la lumière de la tragédie japonaise. En revanche, à défaut donc d’être une bonne énergie faiblement carbonée, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est bien carbonée, cramée, et son coming-out en faveur du nucléaire tombe au pire moment imaginable pour elle : une conférence de presse pathétique, quelques interventions mal senties, à contre sens de l’histoire, des événements.
Car l’énergie nucléaire, à défaut de vivre ses dernières heures, est pour autant bel est bien sur le déclin. Un déclin qui avait déjà commencé en 1986 avec Tchernobyl et qui s’achève avec le pathétique spectacle d’une industrie imbue d’elle-même, impuissante. L’énergie nucléaire vient de se brûler les ailes définitivement. Le peuple avec et c’est inadmissible. Tout politique qui cautionne cet abîme doit quitter ses fonctions, voilà mon sentiment profond.

La radioactivité a atteint Tokyo

De l’iode et du césium ont été détectés dans l’atmosphère à proximité de la capitale japonaise. Il s’agirait d’une radioactivité 40 fois plus importante que la normale. Les autorités ont établi une zone d’exclusion aérienne de 30 km autour de la centrale. Cependant, les populations seront exposées à ces radiations, tout comme les ouvriers de la centrale qui se mettent en danger et sacrifient leur santé pour contenir le danger.

Le point sur la catastrophe nucléaire au Japon

L’Autorité de Sureté Nucléaire a revu le niveau de l’accident de la centrale de Fukushima, en le plaçant entre 5, voire 6 sur l’échelle internationale des événements nucléaires. Pour mémoire, Tchernobyl  a été placé au niveau 7 et Three Mile Island au niveau 5.
De nouvelles explosions se sont produites, et le réacteur n°2 va fondre, endommageant ainsi le coeur. L’enjeu est désormais d’éviter la fusion des coeurs nucléaires.
Actuellement près de 190 000 personnes vivant autour des centrales ont été évacuées.
Et notre président de la République persiste et signe : « La France est le pays qui a le secteur nucléaire le plus sécurisé – pas question de sortir du nucléaire« 

Malaises nucléaires en chaîne

L’instabilité due aux secousses sismiques ne laisse rien présager de bon au Japon. La centrale de Tokai connaît un arrêt d’une de ses pompes du système de refroidissement, et la situation est toujours très critique dans les deux centrales nucléaires de Fukushima. Une radioactivité anormale a été détectée aux abords de la centrale d’Onagawa. Et en France, notre ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet soutient que « l’énergie nucléaire reste une bonne énergie-base décarbonée ».

Etat d’urgence nucléaire

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré l’état d’urgence dans une deuxième centrale nucléaire, celle d’Onogawa, située au nord-est du Japon. La compagnie électrique qui exploite le site a déclaré que les 3 réacteurs sont cependant sous contrôle… Ouf, ça rassure.

Problèmes en séries dans les réacteurs

Selon les dernières informations, le coeur du réacteur n°1 de la centrale de Daiichi, située à 250 km de Tokyo, serait en train de fondre et le système de refroidissement d’urgence du réacteur n°3 est en panne. Et effet de domino : un réacteur d’une centrale située dans le nord-est menace d’exploser (source AFP)