Gandhi Vert Mixtape #1

Gandhi Vert Mixtape #1

01 – Jose Gonzalez
Down The Line
(Live On KCRW 2007 – Santa Monica – 11 octobre 2007)

02 – John Lennon
I Found Out
(Longer Alternate Mix – The Complete Lost Lennon Tapes Volume 7)

03 – Queens of the Stone Age
Into The Hollows
(Live on Xfm – London – 2 mai 2007)

04 – Jose Gonzalez
Teardrop
(Live on KCRW 2007 – Santa Monica – 11 oct 2007)[display_podcast]

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Henry Miller & les Psychanalystes

D’abord je vais vous dire une chose : je n’aime pas particulièrement les psychanalystes, même les plus grands. Jung, par exemple… pour moi c’est un emmerdeur. Je le respecte, en un sens, pour ses explorations ; il a eu des idées brillantes, mais il est imbuvable, et d’une lourdeur !… Ah, il est bien suisse, oui! Et Freud! J’ai lu tout ce que j’ai pu de lui, dans ma jeunesse, comme de Jung et des autres ; et j’ai été emballé.
Mais aujourd’hui, tout cela ne veut rien dire pour moi. On me raconte, à propos de Freud : “Il a brisé les barrières, etc. ” Je ne suis pas du tout d’accord.
A mon avis, il nous a flanqué bel et bien de nouveaux fardeaux sur le dos et sur la conscience. Il nous a libérés d’un côté et accablés de l’autre. Ça boite.

Henry Miller Septembre 1969 O.R.T.F Entretiens de Paris (p. 37) Stock 1993

L’art nucléaire ?

Tout artiste normalement constitué peut produire un art nucléaire. Il doit cependant être spécialisé et bien informé ; et puis avoir ouvert bien grand les yeux, sans peur et sans effroi sur la triste réalité de notre monde nucléarisé.

Le nucléaire ne doit plus constituer pour lui une peur, mais bien plutôt un objet de  fascination. L’artiste se place naturellement au delà du conflit entre militant anti-nucléaire et l’idiot/ignorant pro-nucléaire.

Si le fait de militer et d’informer reste fondamental, l’artiste nucléaire se doit de voir plus loin. Il devient ce fantôme qui passe au travers des murs ; il s’entiche du pouvoir suprême de la radioactivité. En tant qu’homme il pèse plus lourd que 1000 scientifiques techniciens de l’atome, inventeurs de la cocotte minute radioactive.

L’art nucléaire est un art maudit en France, et c’est pour cette raison qu’il est incontournable. L’artiste nucléaire en rit et en jubile, il sait dans quel sens tournent les astres. Il se sent comme Lou Reed en 1967.

Carla Bruni & l’Art Nucléaire

J’ai écouté Carla Bruni… en 2002. Aujourd’hui c’est impossible, impensable. Je n’ai pas radicalement changé, elle non plus je suppose. Mais l’époque en revanche a radicalement évolué. Et il me semble que l’expression artistique ne peut pas, (plus ?) exister dans la lâcheté, « Comme si de rien n’était ».

Alors pour me faire comprendre, je vous propose la pochette version « Gandhi Vert » de cet album. C’est de l’art nucléaire.

carla-bruni-comme-si-de-rien-n-etait

Bobo, bio et préjugés

bobobio

Je me souviens de la scène, il y a quelques années déjà. Lors d’une discussion, je voulu  partager ma satisfaction d’avoir un bio coop à coté de chez moi dans le XIXe arrondissement à Paris. Et là, l’inévitable phrase tombe sournoisement : “Normal, c’est un coin à bobo, le bio c’est pour les bobos ”. Ce fut la première fois – et malheureusement pas la dernière – que j’entendis le terme “bobo” alias “Bourgeois Bohème”.

Le bio, c’est bobo”. “Le vélo dans Paris c’est bobo”. Combien de fois ai-je dû entendre ces idioties, ces préjugés.

Deux choses me choquent : d’une part le fait qu’il est imbécile et dangereux de catégoriser la population positivement ou négativement. Tout cela me rappelle la puanteur collaborationniste française et la discrimination noire Américaine, dans une moindre mesure bien sûr, mais l’idée est là : séparer la population en castes, artificiellement.

D’autre part le fait que l’on se moque de personnes qui adoptent des comportement vertueux quels qu’ils soient. Il m’est égal de savoir si la personne qui fait du vélo ou fait ses courses a côté de moi soit aisée financièrement ou pas, ce qui importe, c’est que son comportement soit vertueux, et que cette personne se pose des questions, essaye de bien faire.

Il est de bon ton de rire des bobos, quelle poillade… “Ah ces cons de bobos qui mangent bio, mais en fait ils n’ont rien compris ha ha ha !! Ils font du vélo, mais mon scénic est bien plus pratique, ha ha ha !! Surtout pour aller faire les courses au supermarket ah ah ah !!”

Tout cela ne me fais pas rire et j’ai vraiment l’impression que ces dogmes nous empêchent tous d’avancer et nous séparent insidieusement, “diviser pour mieux régner” comme dit l’adage.

Et pendant ce temps, les vrai dominants, eux, se cachent dans leurs immenses appartements très chiques, parisiens. Ils contrôlent tout, a commencer par le pantin politique dont ils sont l’ami, mais ils sont invisibles. Ils sont plutôt vieux mais très puissants. Et eux veillent à ce que jamais l’on ne puisse les catégoriser, et puis de toute façon ils sont trop peu nombreux pour cela. Ils veillent à ce que le rmiste se batte avec le smicard pour continuer à palper, tranquillement, paisiblement, sournoisement. Et tant que la misère progresse le profit grandit.

Les artgames écolo de Jason Rohrer

passage

J’ai découvert par hasard « Passage » le jeu-oeuvre d’art de Jason Rohrer. Quelque peu secoué par le jeu, et après y avoir joué deux ou trois fois, je décide d’en parler sur le Gandhi Vert, sans savoir quelle cohérence il pouvait y avoir avec l’environnement. C’est alors qu’en creusant un peu, j’apprends que Jason Rohrer le créateur du jeu qui se revendique écologiste radical, est un adepte de la simplicité volontaire. L’intuition était bonne, il n’y a pas de hasard !

Dans un document intitulé « Voluntary Simplicity« , il explique ses choix de vie : sa ville, sa nourriture, ses modes de transport, son abandon du frigo, etc..

Jason Rohrer, a réalisé d’autres jeux que Passage ; les amoureux du Kid A de Radiohead sauront notamment se laisser bercer par le charme esthético écolo de « Cultivation« .

Je pourrais vous parler du jeu Passage, mais l’idéal reste d’appréhender l’oeuvre sans préjugés, je vous laisse donc vivre cette expérience de 5 minutes sans vous en dire plus.

Voici quelques propos de Jason Rohrer publiés sur le site Ecran :

« En tant que joueur de longue date qui aujourd’hui a une famille, je n’ai simplement plus de temps à perdre sur des jeux qui n’ont pas quelque chose d’important à me dire. Il y a plein de films qui méritent que je leur donne mon temps, mais peu de jeux vidéo. Je pense qu’il y a beaucoup de joueurs vieillissants qui se trouvent exactement dans la même situation : nous avons grandi, mais pas les jeux. »

Cette expérience vous a-t-elle appris quelque chose ?

« J’ai appris qu’un jeu n’a pas besoin d’être compliqué ou long pour avoir un impact puissant sur les gens. En fait, il semble que plus c’est simple, meilleur c’est. »

Si vous avez aimé, n’hésitez pas à partager votre expérience par le biais des commentaires 😉

Les jeux sont tous disponibles sur Mac Linux et PC.

Liens :

http://hcsoftware.sourceforge.net/passage/

http://hcsoftware.sourceforge.net/jason-rohrer/simpleLife.html

http://hcsoftware.sourceforge.net/jason-rohrer/

http://www.ecrans.fr/Passage-est-une-oeuvre-d-art,3124.html

Vive la fin du pétrole… et Serge Gainsbourg !

Vive la fin du pétrole... et Serge Gainsbourg

La hausse spectaculaire du pétrole provoque une agitation médiatique et syndicale importante. Il en résulte que tout le monde semble mécontent, en colère.

Et si la hausse des produits pétroliers et des matières premières était une chance ? Celle de pouvoir vivre mieux, et même de pouvoir continuer d’exister tout en s’amusant ?

L’utilisation du pétrole a incontestablement représenté un progrès pour les êtres humains.

Mais avec les pollutions diverses le réchauffement climatique et les mauvais comportements, ce progrès semble s’être transformé en véritable cauchemar.

En 1968 Gainsbourg chantait “Ford Mustang” et “Torrey Canyon” (sur l’album Initials B.B.), la voiture représentait la liberté. La consommation, par sa délicieuse légèreté, et le pétrole étaient “cool”, “in”.

Quarante ans plus tard, la voiture en ville représente l’ultime attribut du beauf, le pétrole est maudit, il nous file entre les doigts “salauds d’chinois”. Il y a des radars sur les routes, et des points de permis.

Il est bien loin le charme de la Ford Mustang !

Quant aux revendications, soyons sérieux, comment être solidaire avec les pêcheurs qui veulent achever les derniers bancs de poissons de l’océan ?

Comment être solidaire du routier et de l’automobiliste alors qu’ils empoisonnent et estropient une bonne partie de la population ?

Comment être solidaire avec les agriculteurs qui veulent payer moins cher les pesticides et engrais chimiques qui polluent notre sang et nos rivières ?

Le pétrole c’est fini les amis, vous êtes “out”.

Vous faites partie de l’arrière garde, et ce n’est pas l’argent public qui va vous renflouer, car “les caisses sont vides” et pour le coup ça tombe plutôt bien !

 

Ford Mustang (Serge Gainsbourg) 1968

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

Un essuie-glace

Un paquet d’cool

Un badge avec inscrit d’ssus keep cool

Un’ barr’ de chocolat

Un coca-cola

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

Une bouteille de fluide

Make up

Un flash, un browning

Et un pick up

Un recueil d’Edgard Poe

Un briquet zippo

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

Un numéro de Superman

Un écrou de chez Paco Rabanne

Un’ photo d’Marilyn

Un tub’ d’aspirine

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

 

 

Torrey Canyon (Serge Gainsbourg) 1968

Je suis né

Dans les chantiers japonais

En vérité, j’appartiens

Aux Américains

Une filiale

D’une compagnie navale

Dont j’ai oublié l’adresse

À Los Angeles

Cent vingt mille tonnes de pétrole brut,

Cent vingt mille tonnes

Dans le Torrey Canyon

Aux Bermudes

À 30 degrés de latitude

Se tient la Barracuda Tankers Corporation

Son patron

M’a donné en location

À l’union Oil company

De Californie

Cent vingt mille tonnes de pétrole brut

Cent vingt mille tonnes

Dans le Torrey Canyon

Si je bats

Pavillon du Liberia

Le cap’tain et les marins

Sont tous italiens

Le mazout,

Dont on m’a rempli les soutes,

C’est celui du Consortium

British Petroleum

Cent vingt mille tonnes espèces de brutes

Cent vingt mille tonnes

Dans le Torrey Canyon

 

Considérations sur la force

Notre génération déprime, ne peut plus croître, plus croire ; les idéologies se sont évaporées.
Une tristesse infinie recouvre le monde, l’espoir gît comme un ancien combattant étalé sur le champ de bataille.
Face à ce constat cinglant, il convient de devenir fort, extrêmement fort, et puis de fuir aussi ; car il est impossible d’assumer les erreurs de nos parents, elles sont trop lourdes, trop conséquentes.
Développer une force non dominatrice, mais intraitable ; car c’est précisément la force qui est mise à mal.
Le travail des forts est éternellement sapé en ses fondements profonds :
le travail intellectuel est dévalué alors qu’il n’a jamais été aussi nécessaire, les tentacules de la dépression encerclent l’expression artistique.

Mais quel est le processus qui a détruit la force de la production intellectuelle ?

Alors que les repères du vieux monde se sont évaporés, l’art et l’intelligence se sont retrouvés dilués dans une masse infâme de signes et de codes. Le monde de l’inter-connexion a généré une inflation de textes, d’écritures, de sons, d’images ; et comme un rêve confus dans un cerveau malade, les informations ne circulent plus harmonieusement à l’intérieur de nos crânes.

Il faut pouvoir trier, extirper l’intègre du corrompu au milieu de la multitude. Et la tâche qui nous attend est aussi phénoménale et risquée que celle d’un résistant français en 1940. Le venin du faible est partout ; il s’appelle libéralisme, il s’appelle vieux, il s’appelle jeune, il s’appelle divertissement, il s’appelle amnésie.

Il convient de concentrer les forces vives, de viser juste, de ne pas lâcher, de toujours lutter contre la lâcheté ambiante, omniprésente.

Pourquoi l’homme pollue ? L.F Celine

Une question, simple et utile m’obsède : Pourquoi l’homme pollue aussi volontier, alors qu’il sait pertinemment qu’il paiera tôt ou tard le prix de sa pollution ?

Je vous invite à écouter, voir et lire cette interview de Louis Ferdinand Céline, qui à mon sens apporte une réponse parfaite à cette problématique.

“(…)
Vous qui par vos livres faites figure de prophète, et de prophète d’apocalypse, est-ce que vous croyez que le ciel va vraiment s’obscurcir, est-ce que vous croyez que cela va aller mal pour les hommes ? Comment vous voyez l’avenir immédiat ?

Louis Ferdinand Céline :

Si tous les hommes ne voulaient pas aller à la guerre, c’est très simple, ils diraient : je n’y vais pas ! Mais ils ont le désir de mourir. (…) Par exemple quand vous voyez un accident automobile arriver, ne croyez pas qu’ils soient tous involontaires. Il y a des vicieux, il y a des gens qui vont vraiment dans l’arbre. Evidemment le bonhomme ne monte pas en auto en disant : “je vais me précipiter contre un troène”, mais l’envie est là… Et ça je l’ai observé moi même à plusieurs reprises particulièrement chez les chirurgiens, les gens distingués ; je les vois conduire leur voiture d’une façon qui est suspecte.

Tous les hommes de la Terre n’ont qu’à aller à la mairie et dire “moi vous savez, je ne veux pas aller à la guerre”, et il n’y aurait pas de guerre ; si donc ils la conserve c’est parce qu’ils aiment ça !

(…)”

Même le ton larmoyant et pathétique du commentateur participe à la richesse de ce document (16 minutes, 1961). La parole de Céline y apparaît encore plus flamboyante, universelle et intemporelle.
A voir absolument.

Liens :
gonzai.com

Radio Tchernobyl

Depuis quelques jours, l’artiste Pascal Rueff, (auteur et acteur du spectacle mort de rien) est en Ukraine dans la banlieue de Tchernobyl, accompagné de plusieurs reporters, artistes (Emmanuel Lepage, Gildas Chasseboeuf, Azéline Legendre, Chritophe Ruetsch). Il communique régulièrement sur son voyage par le biais de son site http://www.tchernobyl.fr.

La démarche est courageuse et passionnante.

Vous pouvez suivre le flux, à cette adresse http://www.tchernobyl.fr