Gandhi Vert

Argile, Nucléaire et Verts de Terres

Bobo, bio et préjugés

Par • 18 Juin, 2008 • Catégorie: Culture

bobobio

Je me souviens de la scène, il y a quelques années déjà. Lors d’une discussion, je voulu  partager ma satisfaction d’avoir un bio coop à coté de chez moi dans le XIXe arrondissement à Paris. Et là, l’inévitable phrase tombe sournoisement : “Normal, c’est un coin à bobo, le bio c’est pour les bobos ”. Ce fut la première fois – et malheureusement pas la dernière – que j’entendis le terme “bobo” alias “Bourgeois Bohème”.

Le bio, c’est bobo”. “Le vélo dans Paris c’est bobo”. Combien de fois ai-je dû entendre ces idioties, ces préjugés.

Deux choses me choquent : d’une part le fait qu’il est imbécile et dangereux de catégoriser la population positivement ou négativement. Tout cela me rappelle la puanteur collaborationniste française et la discrimination noire Américaine, dans une moindre mesure bien sûr, mais l’idée est là : séparer la population en castes, artificiellement.

D’autre part le fait que l’on se moque de personnes qui adoptent des comportement vertueux quels qu’ils soient. Il m’est égal de savoir si la personne qui fait du vélo ou fait ses courses a côté de moi soit aisée financièrement ou pas, ce qui importe, c’est que son comportement soit vertueux, et que cette personne se pose des questions, essaye de bien faire.

Il est de bon ton de rire des bobos, quelle poillade… “Ah ces cons de bobos qui mangent bio, mais en fait ils n’ont rien compris ha ha ha !! Ils font du vélo, mais mon scénic est bien plus pratique, ha ha ha !! Surtout pour aller faire les courses au supermarket ah ah ah !!”

Tout cela ne me fais pas rire et j’ai vraiment l’impression que ces dogmes nous empêchent tous d’avancer et nous séparent insidieusement, “diviser pour mieux régner” comme dit l’adage.

Et pendant ce temps, les vrai dominants, eux, se cachent dans leurs immenses appartements très chiques, parisiens. Ils contrôlent tout, a commencer par le pantin politique dont ils sont l’ami, mais ils sont invisibles. Ils sont plutôt vieux mais très puissants. Et eux veillent à ce que jamais l’on ne puisse les catégoriser, et puis de toute façon ils sont trop peu nombreux pour cela. Ils veillent à ce que le rmiste se batte avec le smicard pour continuer à palper, tranquillement, paisiblement, sournoisement. Et tant que la misère progresse le profit grandit.

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6 Réponses »

  1. Bonjour,
    Cet article résume vraiment extrèmement bien ce que je pense sur la question ! Moi aussi, j’en ai assez d’entendre des gens prétendumment simples (par opposition à nous, les bobos), tourner en dérision de bonnes habitudes – manger bio ou équitable, rouler en vélo – , tout simplement parce qu’ils ne souhaitement pas, eux, les mettre en oeuvre.
    Et je suis d’accord avec votre conclusion, pendant ce temps, ce sont les mêmes qui s’enrichissent vraiment pendant qu’ils montent les uns contre les autres…
    Très bonne analyse !!
    Bonne soirée,

  2. Merci Mestizaje, et à bientôt 🙂

  3. Bonjour !

    Bien sûr que si, le bio c’est bobo !

    Des gens qui polluent comme les autres, qui consomment comme ( plus? ) que les autres, grâce à leur portefeuille souvent correctement garni…
    La parano des gens qui croient qu’on les empoisonne en leur vendant du surgelé, du Carrefour ou du Auchan. ah ah ah ah !!

    Ils se donnent bonne conscience en achetant bio en plein Paris, croyant ainsi ralentir les effets de la pollution atmosphérique dont ils sont les victimes, sans pour autant faire du sport ou simplement faire 3km par jour à pied !

    Ces marchés genre naturalia, bio coop etc se font un fric fou en vendant des produits le double, le triple voire 6 fois plus cher que les produits classiques et généralement, leurs voisins industriels ont des saveurs bien meilleures… Les légumes sont les seuls si on débourse 30% de plus à offrir un goût plus riche.

    Je suis agacé par cette poussée des marchés bio dont vous remarquerez la présence dans les « nouveaux quartiers les plus favorisés » ( St Paul, Commerce, XI e XX e, … )
    Allez à la campagne pour voir !
    J’ai quitté Paris cette année, j’ai 27 ans, et je peux vous dire que les légumes du marché coutent moins cher sans prétendre à cet imbécile logo AB qui est une manne pour ceux qui ont, il y a 10-12 ans creé ce principe.

  4. Thomas, j’ai comme l’impression que vous n’avez pas compris l’objet de l’article de Gandhi Vert. Ce qui est intéressant dans cet article, ce n’est pas le débat « le bio trop cher ? », mais plutôt le fait que les individus soient catégorisés (bobo/pas bobo), alors que leur démarche est simplement vertueuse. Je crois que qualifier quelqu’un de « bobo » (terme péjoratif) nous détourne de l’essentiel. L’important est plutôt d’observer une attitude positive, qui va dans le bon sens. Car pour rebondir sur votre commentaire, peut être que les légumes du marché coutent moins cher, mais il ne s’agit pas de leur coût réel : vous oubliez l’utilisation de produits chimiques, l’appauvrissement des sols, le développement de maladies qu’il faudra soigner….

  5. Moi je pense que Thomas a bien compris la problématique actuelle : celle où la bio est devenue une industrie, et qu’elle est en pleine croissance. La bio-industrie offre des produits de plus en plus marketés pour les besoins d’une clientèle qui préfèrera acheter du logo AB plutôt que de reformer véritablement ses pratiques de consommation.
    A l’inverse on voit de plus en plus de maraichers qui travaillent « à la manière de la bio » mais sans prétendre au label AB et à son onéreuse (et un peu fallacieuse) certification privée.

  6. @Wawa et @thomas, le mythe du bon petit producteur qui utilise pas de pesticides, mais ne peux pas payer le label AB est une légende (dans 99% des cas) !!

    Si le bio est une industrie dans certains cas, c’est très bien. Pourquoi l’industrie serait forcement mauvaise ? Pourquoi la croissance d’une industrie serait elle aussi forcement condamnable?
    De quelle sorte de complexe vous nourrissez-vous ? À votre place je questionnerais plutôt ce qui vous pousse à dénigrer les comportements vertueux, quels qu’ils soient.

    Rien ne peut naitre de vos discours nihilistes et stériles.

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