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Pourquoi l’homme pollue ? L.F Celine

Par • 26 Mai, 2008 • Catégorie: Culture

Une question, simple et utile m’obsède : Pourquoi l’homme pollue aussi volontier, alors qu’il sait pertinemment qu’il paiera tôt ou tard le prix de sa pollution ?

Je vous invite à écouter, voir et lire cette interview de Louis Ferdinand Céline, qui à mon sens apporte une réponse parfaite à cette problématique.

“(…)
Vous qui par vos livres faites figure de prophète, et de prophète d’apocalypse, est-ce que vous croyez que le ciel va vraiment s’obscurcir, est-ce que vous croyez que cela va aller mal pour les hommes ? Comment vous voyez l’avenir immédiat ?

Louis Ferdinand Céline :

Si tous les hommes ne voulaient pas aller à la guerre, c’est très simple, ils diraient : je n’y vais pas ! Mais ils ont le désir de mourir. (…) Par exemple quand vous voyez un accident automobile arriver, ne croyez pas qu’ils soient tous involontaires. Il y a des vicieux, il y a des gens qui vont vraiment dans l’arbre. Evidemment le bonhomme ne monte pas en auto en disant : “je vais me précipiter contre un troène”, mais l’envie est là… Et ça je l’ai observé moi même à plusieurs reprises particulièrement chez les chirurgiens, les gens distingués ; je les vois conduire leur voiture d’une façon qui est suspecte.

Tous les hommes de la Terre n’ont qu’à aller à la mairie et dire “moi vous savez, je ne veux pas aller à la guerre”, et il n’y aurait pas de guerre ; si donc ils la conserve c’est parce qu’ils aiment ça !

(…)”

Même le ton larmoyant et pathétique du commentateur participe à la richesse de ce document (16 minutes, 1961). La parole de Céline y apparaît encore plus flamboyante, universelle et intemporelle.
A voir absolument.


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2 Réponses »

  1. Bonjour.

    Je trouve très surprenant qu’un écolo (donc une personne ancrée à gauche politiquement), se réclamant du Mahatma, fasse référence à Louis Ferdinand Céline. Un homme idéologiquement ancré très à droite, se revendiquant de Nietche et du surhomme. Un homme qui professait l’élimination des plus faibles et une hégémonie de l’eugénisme…C’est dans ce contexte philosophique que Céline vante (en 1928) les méthodes de l’industriel américain Henry Ford, méthodes consistant à embaucher de préférence « les ouvriers tarés physiquement et mentalement » et que Céline appelle aussi « les déchus de l’existence ». Cette sorte d’ouvriers, remarque Céline, « dépourvus de sens critique et même de vanité élémentaire », forme « une main-d’œuvre stable et qui se résigne mieux qu’une autre ». Céline déplore qu’il n’existe rien encore de semblable en Europe, « sous des prétextes plus ou moins traditionnels, littéraires, toujours futiles et pratiquement désastreux ».

    Mais à bien y regarder cela n’a rien de surprenant, puisque ces thèses sont quasiment reprise telles qu’elles par les tenants de la décroissance (Malthus, Paul Ehrlich, le Club de Rome, Thierry Jaccaud, Serge Latouche, Edouard Goldsmith, Ivan Illich) et du Néo-Malthusianisme. Tout ces gens prônent « la simplicité volontaire » pour le peuple. Ces gens préconisent « la pauvreté pour tous » afin d’assurer une meilleure vie aux peuples « éclairés ». Ainsi même des gens comme le commandant Cousteau partagent le même point de vue en affirmant qu’«il faut que la population mondiale se stabilise et, pour cela, il faudrait éliminer 350.000 hommes par jour»… Mais savez vous bien où les gens de la décroissance veulent prendre ces hommes à tuer???? Dans les pays pauvres, en voie de dévelloppement. Ils veulent simplement interdire le développement de ces pays afin de s’assurer pour eux-même uen vie plus confortable en pillant leur ressource (cf voir le Club de Rome, 1970).
    Certains comme le philosophe Ivan Illich veulent une « société conviviale » et propose entre autres de supprimer les services publics de santé et d’enseignement, car «les hommes ont la capacité innée de soigner, de réconforter, de se déplacer, d’acquérir du savoir, de construire leurs maisons et d’enterrer leurs morts». Ainsi, plus besoin d’écoles ni d’hôpitaux, d’enseignants ni de médecins. Illich affirme d’ailleurs que l’école fait partie de «ces outils qui sont toujours destructeurs, quelles que soient les mains qui les détiennent», car elle «accroît l’uniformisation, la dépendance, l’exploitation et l’impuissance». Il précise: «Or, les hommes n’ont pas besoin de davantage d’enseignement. Ils ont besoin d’apprendre certaines choses.» En l’occurrence, «les hommes doivent apprendre à contrôler leur reproduction, leur consommation et leur usage des choses. Il est impossible d’éduquer les gens à la pauvreté volontaire.»

    Sans chercher un point Godwin (que malheureseument je gagne), les nazi étaient des fervents partisants des théories de Malthus. Et leur régime politique était une expérience grandeur nature de l’application de ces théories.
    Nous savons tous que l’ensemble de l’humanité n’a pas adoptée ces idées, et surtout pas celle de l’élimination des plus faibles…

    Bien cordialement.

  2. Bonjour Daniel, et merci pour votre riche et intéressant commentaire.

    Je ne connais pas sur le bout des doigts L.F Celine, mais peu importe, ce qui m’intéresse ici, c’est cette interview et à quel point elle semble répondre à une problématique essentielle.
    D’une manière générale, je pense que Celine ou encore Nietzsch (que je connais beaucoup mieux) sont des artistes, visionnaires. Il est vain de prendre leur parole pour argent comptant, ou de se positionner « pour » ou « contre ».
    Il convient d’avantage de l’apprécier sans préjugé ; il me semble que c’est de cette manière que nous pouvons en tirer tous les bénéfices.

    En ce qui concerne le Nazisme, je suis persuadé que nous n’avons pas compris véritablement ce fragment d’histoire européenne. Particulièrement en France où l’épisode collaborationniste est clairement refoulé.

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