Penly ou le grand déni

Quelques jours après l’accident nucléaire de Penly, avec fuite de composé très radioactifs, et probable contamination de personnes, tout roule, tout coule, comme avant, comme si de rien était. Le simple fait de passer à deux doigts d’un Fukushima ou d’un Tchernobyl (si ils s’amusent à relancer le réacteur à l’aveugle, ce dont je doute heureusement), ne sembles affecter qu’un petit nombre de consciences.

Tabou, déni, inconscience, ou inconsistance politique et médiatique ? Il est temps que le peuple se lève contre cette technologie avant qu’elle ne le détruise.

Pour obtenir une info juste sur l’accident nucléaire de Penly écoutez le message audio de Bruno Chareyron, Responsable du laboratoire de la CRIIRAD

Accident nucléaire dans la centrale de Penly

Un incendie est en cours dans la centrale nucléaire de Penly, le réacteur s’est arrêté il y a quelques heures. L’incendie aurait lieu en ce moment dans le réacteur numéro 2. Nous vous tiendrons informé ici même de l’évolution de la situation, et d’une éventuelle fuite radioactive.

Où se situe Penly sur la carte de france des centrales nucléaires.

EDIT : Il y aurait bien eu une fuite radioactive compte tenu du fait que l’huile brûlée provenait ni plus ni moins d’une pompe du circuit primaire, la partie la plus proche du combustible nucléaire, contrairement à ce qu’affirment les autorités, cet accident est grave.

Je traduis le discours : on ne sait pas ce qui déconne, mais ne vous inquiétez pas !

Cet accident témoigne une fois de plus de la nécessité de sortir rapidement du nucléaire et des dangers constants qu’il fait peser sur la population et l’environnement. Avec un parc vieillissant, nous allons devoir gérer de plus en plus d’accidents, ce qui fait craindre un Fukushima français.

EDIT 2:
Nous sommes dans le cas d’un accident grave, puisqu’il y a eu une fuite d’eau (2 300 litres par heure en début de soirée) du circuit primaire, c’est tout le refroidissement de la centrale qui est en jeu. Et si la fuite témoigne d’une surpression cela pourrait entrainer une perte de contrôle du réacteur. L’eau du circuit primaire est à très haute pression, très haute température et très radioactive, rendant potentiellement l’enceinte impraticable pour l’homme.

En tout, 29 personnes sont entrées dans le bâtiment réacteur pour éteindre les départs de feu, dont un brulé.

Le circuit primaire (en vert sur le schéma) :

Penly en panne…

Très bonne nouvelle, puisque selon le PDG du pétrolier Total Christophe de Margerie, le chantier de ce qui devait être le 2e EPR français a été stoppé !

« La réflexion sur le projet a été stoppée. Il y avait un calendrier, des dates potentielles, il n’y en a plus »

EPR : Sarkozy hors la loi ?

En annonçant qu’il donnait son feu vert pour un nouveau réacteur nucléaire qui sera construit à Penly en Normandie, le Président de la République a oublié un léger détail : la construction d’une installation nucléaire, comme tout aménagement (autoroute, TGV, port, incinérateur, ligne à très haute tension, etc.), doit être précédée, d’après la loi de 1983, par une enquête publique qui permet, pendant un délai minimum d’un mois, éventuellement prolongée deux fois de quinze jours, à une Commission d’enquête, de recevoir les avis des adversaires et les partisans de la construction avant de donner son avis. Lequel est, notamment, soumis au ministère de l’Ecologie avant toute décision. Il est également en principe nécessaire, auparavant, d’après une loi de 1995 dite « Loi Barnier », de saisir la Commission Nationale du Débat Public. Laquelle doit organiser une ou plusieurs confrontations entre les porteurs du projet et ceux qui objectent à la construction. Ainsi est la législation, issue à la fois de la gauche et de la droite, que Nicolas Sarkozy a oublié, tout comme la plupart des élus régionaux, droite et gauche confondues, qui commentent déjà bruyamment tous les supposés avantages qu’ils pourraient retirer du projet. Autrement dit, une fois de plus, le Prince élyséen et les élus tiennent la population pour quantité négligeable, bafouant un processus à la fois légal et démocratique.

Claude-Marie Vadrot

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Deuxième EPR un choix économique catastrophique

Pour Corinne Lepage, la relance du nucléaire constitue un choix économique catastrophique :

Si le risque financier est immense, les avantages sont maigres. Le coût de revient du nucléaire est beaucoup plus élevé que le coût généralement avancé. Le Bureau de suivi du budget du Congrès américain a indiqué en 2008 que les coûts réels de construction de 75 des centrales du parc actuel avaient dépassé de plus de 300 pour cent les estimations qui avaient été faites par l’industrie nucléaire, soit une progression de 0,938 à 2,959 dollars par kW installé. Le coût d’une nouvelle centrale nucléaire est actuellement évalué par Moody’s à un montant de 5.000 et 6.000 dollars par kW installé, à 8.000 dollars par la société Florida Power & Light pour la construction de deux nouvelles unités nucléaires à Turkey Point dans le sud de la Floride. Et ces estimations n’incluent pas les frais de traitement et de stockage des déchets nucléaires. En août 2008, le Département de l’Energie a fourni une nouvelle estimation du coût d’aménagement et de gestion de Yucca Montain, le site centralisé de stockage actuellement en construction au Nevada. Les estimations ont bondi de 57,5 milliards en 2001 à 96,2 milliards aujourd’hui, ce dernier chiffre couvrant simplement les coûts jusqu’en 2013.

Même en France, après la réévaluation du coût de l’EPR de Flamanville estimé à 4 Mds d’euros (20% de plus que prévu mais c’est un minimum compte tenu du précédent finlandais et de l’estimation américaine ci-dessus qui conduirait à un coût de 6 à 8 Mds d’euros) EDF estime à 55 euros le prix du mégawatt heure soit un prix qui ne cesse de monter alors que celui de l’éolien et du solaire ne cesse de baisser. Et ce prix n’inclut pas le démantèlement (les Anglais évaluent à 103 Mds d’euros le coût alors que EDF n’aurait mis de côté que 30 Mds pour 3 fois plus de centrales et dans un fonds non dédié…)

Ainsi ce choix n’est pas le moins coûteux, mais en plus il va peser sur l’industrie française qui a vu les tarifs dérégulés augmenter de 48% entre 2006 et 2007… et qui sera mise dans l’obligation de faire l’impasse sur le développement de l’économie verte incompatible avec le nucléaire. La bronca contre l’éolien ou le débat sur l’efficacité énergétique dans les bâtiments chauffés électriquement n’est qu’un avant-goût de ce que nous allons vivre. Nous allons simplement, pour des considérations idéologiques et non économiques, nous priver de prendre le virage des industries du XXIe siècle. Les dégâts sur l’économie et la finance française seront à moyen terme les mêmes qu’au cours des années 80 : aggravation des déficits commerciaux, perte de savoir faire dans les secteurs porteurs de l’industrie de grande diffusion, retard de la modernisation du substrat économique. Mais ils seront aggravés par les difficultés financières et le changement de modèle économique auquel nous ne participerons pas. Et n’oublions jamais que le risque zéro n’existe pas et qu’il faut espérer que nous ne connaîtrons jamais d’incidents importants a fortiori d’accidents ce qui mettrait en péril des secteurs d’activités stratégiques pour notre pays comme l’industrie agroalimentaire ou l’industrie qui représentent les premiers pôles de notre économie et de notre balance commerciale.

 

Ainsi, sans même aborder la question de l’impact sur l’emploi (2.000 emplois espérés à Penly pendant le chantier, 300 après) contre plusieurs dizaines de milliers qui pourraient être créés avec les 4 milliards d’euros voués à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables ou encore la question sanitaire et écologique bien réelle, la relance du nucléaire constitue un choix économique catastrophique.

Corinne LEPAGE

Source :
http://www.actu-environnement.com/

Carte des centrales nucléaires et des cancers en France, une étrange coïncidence ?

C’est en lisant un article sur l’Atlas de la mortalité par cancer en France, que me vient cette idée simple : superposer la carte de la mortalité par cancer avec celle des centrales nucléaires et de leur puissance, (déjà présente sur le site).

La mortalité par cancer est la plus forte dans le nord de la France ; région ou se situe la plus grande capacité de production d’énergie nucléaire.

carte centrales nucleaires france nord
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A l’échelle départementale, l’on voit bien que les régions qui possèdent le plus de capacité de production électrique nucléaire concentre la plus grande partie de la mortalité par cancer. Dans le rouge, Paluel, Penly, Gravelines, Chooz, Collenom.


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La question que je me pose est pourquoi dans un pays comme la France ces faits ne sont pas analysés journalistiquement et scientifiquement, car, à l’heure ou l’on nous impose un 2eme et bientôt un 3eme EPR, la question énergétique doit absolument devenir une question citoyenne.
Merci de relayer mon travail journalistique inédit à tous vos contacts, pour que la question du nucléaire ne soit plus un tabou, et qu’il puisse y avoir un véritable débat démocratique à ce sujet.

Liens :
L’atlas de la mortalité par cancer en France métropolitaine (Evolution 1970 – 2004) Décembre 2008 Par l’institut national du Cancer

Vidéo GandhiVert :
http://www.dailymotion.com/video/x87t46_centrales-nucleaires-cancers_creation