Gerboise Bleue de Djamel Ouahab

J’ai eu la chance d’assister à la projection de Gerboise Bleue suivie d’un débat en présence du réalisateur Djamel Ouahab. Il s’agit selon moi d’un documentaire essentiel. Sa narration va droit au but, et les témoignages de vétérans ou d’habitants de la zone contaminée sont poignants. Le traumatisme induit par la bombe reste impalpable, indéfinissable du côté français comme du côté algérien, mais le film permet de flirter avec ce « point zéro » de la mémoire française et algérienne.

Le documentaire de Djamel Ouahab, « Gerboise Bleue », revient donc sur cet épisode assez méconnu de l’histoire contemporaine. Par le biais de témoignages d’anciens soldats, d’appelés et d’Algériens, il montre comment la France a procédé à ces essais sans avoir pris la peine de prévenir les militaires, les civils et les populations locales de la dangerosité des manœuvres. De plus, après son départ, l’armée française n’a procédé à aucune décontamination des sites et s’est contentée d’un enfouissement sommaire des matériels. Aujourd’hui, abandonnés à leur sort, les victimes françaises et algériennes des ces essais, qui pour beaucoup souffrent de lourdes pathologies, réclament reconnaissance et justice. L’Etat algérien, qui s’est peu préoccupé de ce problème jusque-là, voudrait que lui soient communiqués les documents utiles pour « comprendre ce qui s’est passé, connaître les sites contaminés et les circonscrire ». Mais l’Etat français continue de faire la sourde oreille. Il a décidé de classer secret-défense les archives relatives à ces essais et refuse de reconnaître une quelconque corrélation entre l’exposition aux radiations et l’apparition des maladies.

Source :
La Tele Libre

Journal Peut-on recycler les déchets nucléaires ?

Le Résea​u « ​Sorti​r du nuclé​aire« ​ vient​ de publi​er un journ​al d’​infor​matio​n grand​ publi​c « ​Peut-​on recyc​ler les déche​ts nuclé​aires​ ? (​Coûts​,​ risqu​es et enjeu​x de l’​indus​trie du pluto​nium)​ »​.​

Télécharger le journal (au format pdf) :
http://echanges.sortirdunucleaire.org/file.php/13/Plutonium12Pweb.pdf

Lien :
Journal Peut-on recycler les déchets nucléaires ?

vraiforumnucleaire.be

Une bonne initiative citoyenne en Belgique :

Suite à la campagne publicitaire pilotée par « l’association Forum Nucléaire », nous, simples citoyens, avons créé un véritable Forum : c’est-à-dire, pour reprendre la définition première de ce mot, une place où se réunit le peuple.

En effet, le site officiel de la campagne n’offre pas ce lieu, virtuel en l’occurrence. Cyniquement baptisée « forum », la supercherie propagandiste consiste à nous faire accroire que la parole nous est donnée.

Nous avons donc décidé de créer ce site pour permettre à tout un chacun d’échanger de l’information et de partager ses idées et questions sur le nucléaire et les énergies qui pourraient le remplacer.

Lien :
http://www.vraiforumnucleaire.be

Vent de Sable Larbi Benchiha

Vent de Sable « Le Sahara des essais nucléaires » (58 mn)
Un film de Larbi Benchiha
Production 24 images et Farid Rezkallah, France 3 Corse.

Larbi Benchiha :

« Je n’ai appris l’existence de ce fragment d’histoire qu’il y a quelques années, en lisant un journal qui consacrait un article à la publication d’un livre de l’historien Bruno Barrillot. Presque par hasard. Le premier essai a eu lieu il y a bientôt cinquante ans. Mais en Algérie, personne dans ma famille, dans mon village, n’a entendu parler de cet épisode de notre histoire. Si la puissance des explosions a causé des déplacements tectoniques, voire des séismes, elle a aussi altéré l’architecture des fougaras (système ancestral d’irrigation souterraine), la propagation des particules radioactives a souillé pour longtemps la région. Les deux sites où ont eu lieu les essais ont été laissés à l’abandon et sans véritable surveillance. Lors d’un voyage de repérage en février 2007, je me suis personnellement rendu à In Eker, à deux cents mètres du point zéro. Les mesures effectuées révèlent une forte radioactivité de la roche et du matériel laissé sur place. Aujourd’hui, en Algérie, les nomades touareg continuent à récupérer de la ferraille et des objets irradiés qu’ils utilisent pour des besoins divers, de même que leurs troupeaux continuent de brouter l’herbe de la région. Depuis cinquante ans, aucune étude épidémiologique n’a été réalisée sur les effets et les retombées des essais sur les habitants et la flore du plateau hoggarien. Quant aux Français, s’ils connaissent bien l’histoire des essais nucléaires de la France en Polynésie, dans le Pacifique, la plupart ignore encore que la première bombe atomique de leur pays a explosé dans le Sahara. Les vétérans et les témoins de l’époque que j’ai retrouvés aussi bien en France qu’en Algérie sont tous disposés à témoigner et à mettre à ma disposition leurs souvenirs personnels (photographies, films tournés en 8mm, objets divers…). La plupart de ces documents sont des images inédites et de grande valeur visuelle, mais surtout, elles traduisent un point de vue nouveau, contrastant avec les images filmées par les militaires et traduisant le point de vue officiel, celui de l’armée. Réaliser ce film est pour moi un besoin intime. Je veux participer à ce devoir de mémoire envers mes deux pays et mes concitoyens. Avec ce film, je transmettrai la parole de ces hommes qui se confient devant une caméra pour la première fois depuis 1960. Grâce à eux, je souhaite rendre compte de ce pan oublié de l’histoire de la France et de l’Algérie. »

En savoir plus :
http://karimsarroub.blogs.nouvelobs.com

EPR : Sarkozy hors la loi ?

En annonçant qu’il donnait son feu vert pour un nouveau réacteur nucléaire qui sera construit à Penly en Normandie, le Président de la République a oublié un léger détail : la construction d’une installation nucléaire, comme tout aménagement (autoroute, TGV, port, incinérateur, ligne à très haute tension, etc.), doit être précédée, d’après la loi de 1983, par une enquête publique qui permet, pendant un délai minimum d’un mois, éventuellement prolongée deux fois de quinze jours, à une Commission d’enquête, de recevoir les avis des adversaires et les partisans de la construction avant de donner son avis. Lequel est, notamment, soumis au ministère de l’Ecologie avant toute décision. Il est également en principe nécessaire, auparavant, d’après une loi de 1995 dite « Loi Barnier », de saisir la Commission Nationale du Débat Public. Laquelle doit organiser une ou plusieurs confrontations entre les porteurs du projet et ceux qui objectent à la construction. Ainsi est la législation, issue à la fois de la gauche et de la droite, que Nicolas Sarkozy a oublié, tout comme la plupart des élus régionaux, droite et gauche confondues, qui commentent déjà bruyamment tous les supposés avantages qu’ils pourraient retirer du projet. Autrement dit, une fois de plus, le Prince élyséen et les élus tiennent la population pour quantité négligeable, bafouant un processus à la fois légal et démocratique.

Claude-Marie Vadrot

Lire la suite sur le blog de Claude-Marie Vadrot

Deuxième EPR un choix économique catastrophique

Pour Corinne Lepage, la relance du nucléaire constitue un choix économique catastrophique :

Si le risque financier est immense, les avantages sont maigres. Le coût de revient du nucléaire est beaucoup plus élevé que le coût généralement avancé. Le Bureau de suivi du budget du Congrès américain a indiqué en 2008 que les coûts réels de construction de 75 des centrales du parc actuel avaient dépassé de plus de 300 pour cent les estimations qui avaient été faites par l’industrie nucléaire, soit une progression de 0,938 à 2,959 dollars par kW installé. Le coût d’une nouvelle centrale nucléaire est actuellement évalué par Moody’s à un montant de 5.000 et 6.000 dollars par kW installé, à 8.000 dollars par la société Florida Power & Light pour la construction de deux nouvelles unités nucléaires à Turkey Point dans le sud de la Floride. Et ces estimations n’incluent pas les frais de traitement et de stockage des déchets nucléaires. En août 2008, le Département de l’Energie a fourni une nouvelle estimation du coût d’aménagement et de gestion de Yucca Montain, le site centralisé de stockage actuellement en construction au Nevada. Les estimations ont bondi de 57,5 milliards en 2001 à 96,2 milliards aujourd’hui, ce dernier chiffre couvrant simplement les coûts jusqu’en 2013.

Même en France, après la réévaluation du coût de l’EPR de Flamanville estimé à 4 Mds d’euros (20% de plus que prévu mais c’est un minimum compte tenu du précédent finlandais et de l’estimation américaine ci-dessus qui conduirait à un coût de 6 à 8 Mds d’euros) EDF estime à 55 euros le prix du mégawatt heure soit un prix qui ne cesse de monter alors que celui de l’éolien et du solaire ne cesse de baisser. Et ce prix n’inclut pas le démantèlement (les Anglais évaluent à 103 Mds d’euros le coût alors que EDF n’aurait mis de côté que 30 Mds pour 3 fois plus de centrales et dans un fonds non dédié…)

Ainsi ce choix n’est pas le moins coûteux, mais en plus il va peser sur l’industrie française qui a vu les tarifs dérégulés augmenter de 48% entre 2006 et 2007… et qui sera mise dans l’obligation de faire l’impasse sur le développement de l’économie verte incompatible avec le nucléaire. La bronca contre l’éolien ou le débat sur l’efficacité énergétique dans les bâtiments chauffés électriquement n’est qu’un avant-goût de ce que nous allons vivre. Nous allons simplement, pour des considérations idéologiques et non économiques, nous priver de prendre le virage des industries du XXIe siècle. Les dégâts sur l’économie et la finance française seront à moyen terme les mêmes qu’au cours des années 80 : aggravation des déficits commerciaux, perte de savoir faire dans les secteurs porteurs de l’industrie de grande diffusion, retard de la modernisation du substrat économique. Mais ils seront aggravés par les difficultés financières et le changement de modèle économique auquel nous ne participerons pas. Et n’oublions jamais que le risque zéro n’existe pas et qu’il faut espérer que nous ne connaîtrons jamais d’incidents importants a fortiori d’accidents ce qui mettrait en péril des secteurs d’activités stratégiques pour notre pays comme l’industrie agroalimentaire ou l’industrie qui représentent les premiers pôles de notre économie et de notre balance commerciale.

 

Ainsi, sans même aborder la question de l’impact sur l’emploi (2.000 emplois espérés à Penly pendant le chantier, 300 après) contre plusieurs dizaines de milliers qui pourraient être créés avec les 4 milliards d’euros voués à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables ou encore la question sanitaire et écologique bien réelle, la relance du nucléaire constitue un choix économique catastrophique.

Corinne LEPAGE

Source :
http://www.actu-environnement.com/