Un nuage radioactif qui passe les frontières

La France sera touchée mercredi ou jeudi par le nuage radioactif résultant des rejets des réacteurs endommagés de la centrale de Fukushima selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. D’après l’IRSN : « le panache radioactif aurait actuellement atteint le nord-est de la Sibérie, les Etats-Unis et l’ouest de l’Atlantique. Il devrait atteindre la France à partir du 23 ou 24 mars. »

Des traces dans les aliments
Déjà au Japon des niveaux de radioactivité anormaux ont été mesurés dans du lait et des épinards (dans la région de Fukushima) ainsi que dans l’eau du robinet à Tokyo et ses environs. La limite légale pour la teneur en iode 131 a cependant été ponctuellement dépassée le 17 mars dans l’eau courante d’une municipalité de la préfecture de Fukushima, située à 45 kilomètres de la centrale. Par ailleurs, des aliments exportés à Taïwan contenaient des traces de radioactivité.

Sur la modélisation ci-dessous, on voit bien que plusieurs continents seront touchés. Mais pour l’heure, aucun média n’évoque les conséquences des rejets radioactifs et du nuage dans l’océan. Et je pense qu’elles ne sont pas minimes…

EDIT le 21/03/2010 : Le nuage radioactif qui passera en France mercredi et jeudi concentrera 0,001 becquerel de césium 137 par mètre cube d’air. Bien qu’inférieures aux concentrations enregistrées en 1986 lors de la catastrophe de Tchernobyl, les concentrations du « panache » seront bien au-dessus de la moyenne en France, qui est, selon l’IRSN, de 0,000001 Bq/m3.

NKM : le coming-out cramé

Ca y est elle l’a fait, le nucléaire «est une bonne énergie non carbonée»… Peut-être pas finalement, à la lumière de la tragédie japonaise. En revanche, à défaut donc d’être une bonne énergie faiblement carbonée, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est bien carbonée, cramée, et son coming-out en faveur du nucléaire tombe au pire moment imaginable pour elle : une conférence de presse pathétique, quelques interventions mal senties, à contre sens de l’histoire, des événements.
Car l’énergie nucléaire, à défaut de vivre ses dernières heures, est pour autant bel est bien sur le déclin. Un déclin qui avait déjà commencé en 1986 avec Tchernobyl et qui s’achève avec le pathétique spectacle d’une industrie imbue d’elle-même, impuissante. L’énergie nucléaire vient de se brûler les ailes définitivement. Le peuple avec et c’est inadmissible. Tout politique qui cautionne cet abîme doit quitter ses fonctions, voilà mon sentiment profond.

La radioactivité a atteint Tokyo

De l’iode et du césium ont été détectés dans l’atmosphère à proximité de la capitale japonaise. Il s’agirait d’une radioactivité 40 fois plus importante que la normale. Les autorités ont établi une zone d’exclusion aérienne de 30 km autour de la centrale. Cependant, les populations seront exposées à ces radiations, tout comme les ouvriers de la centrale qui se mettent en danger et sacrifient leur santé pour contenir le danger.

Malaises nucléaires en chaîne

L’instabilité due aux secousses sismiques ne laisse rien présager de bon au Japon. La centrale de Tokai connaît un arrêt d’une de ses pompes du système de refroidissement, et la situation est toujours très critique dans les deux centrales nucléaires de Fukushima. Une radioactivité anormale a été détectée aux abords de la centrale d’Onagawa. Et en France, notre ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet soutient que « l’énergie nucléaire reste une bonne énergie-base décarbonée ».

Etat d’urgence nucléaire

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré l’état d’urgence dans une deuxième centrale nucléaire, celle d’Onogawa, située au nord-est du Japon. La compagnie électrique qui exploite le site a déclaré que les 3 réacteurs sont cependant sous contrôle… Ouf, ça rassure.

Problèmes en séries dans les réacteurs

Selon les dernières informations, le coeur du réacteur n°1 de la centrale de Daiichi, située à 250 km de Tokyo, serait en train de fondre et le système de refroidissement d’urgence du réacteur n°3 est en panne. Et effet de domino : un réacteur d’une centrale située dans le nord-est menace d’exploser (source AFP)

Un nuage radioactif à prévoir

Après l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, les médias commencent à s’interroger sur les conséquences d’un nuage radioactif et les risques de pollution induits par celui-ci. Pour suivre l’évolution des vents, il existe le widget « Radar in Motion » ; l’Australian Radiation Services a quant à lui réalisé une carte de simulation de l’avancée du nuage.

EDIT le 18/03/2011 : selon une carte interactive publiée sur le site « Le Monde », une partie du nuage radioactif devrait toucher la côte ouest des Etats-Unis dans les prochaines heures. Il serait cependant dilué en partie par les pluies dans le Pacifique.

EDIT le 16/03/2011 : voici une simulation actualisée et une explication en video sur la tournure des évènements concernant le nuage radioactif et les vents, qui sembleraient défavorables

EDIT : il semblerait que cette simulation ne soit pas fiable. “Le Monde” évoque plutôt la direction vers la péninsule russe du Kamtchatka dans les 24 heures…

EDIT : le nuage de fumée formée lors de l’explosion de la première centrale devrait toucher la ville de Tokyo dans les prochaines heures.

carte nuage nucleaire japon

Source :
http://pourceuxquiaimentlenet.be

Le nucléaire c’est efficace ?

Selon L’AFP, 1/3 des réacteurs nucléaires Français sont actuellement à l’arrêt… Vive la pseudo autonomie énergétique !

Dix-huit des 58 réacteurs nucléaires français étaient à l’arrêt aujourd’hui, pour des opérations de maintenance, des accidents divers ou afin de les recharger en combustible nucléaire, selon les informations recueillies aujourd’hui auprès des centrales d’EDF.

La direction d’EDF refuse de communiquer sur le nombre de réacteurs nucléaires en fonctionnement, jugeant ce chiffre commercialement sensible.
Mais cette information est accessible en contactant chacune des 19 centrales d’EDF (qui regroupent au total 58 réacteurs). Selon les informations recueillies par l’AFP, 18 réacteurs étaient à l’arrêt lundi et 1 réacteur fonctionnait à seulement 60% de sa puissance.

Le parc nucléaire français assure plus de 76% de la production d’électricité du pays.
Du fait de ces nombreux arrêts de production, la France va devoir importer massivement de l’électricité à partir de mi-novembre, et ce pendant plus de deux mois, avait prévenu vendredi le Réseau de Transport d’Electricité (RTE).

Un mouvement de grève intervenu au printemps chez EDF a notamment retardé de plusieurs mois les opérations de maintenance et de rechargement en uranium des centrales nucléaires.

Source : AFP