De l’iode et du césium dans le Pacifique (et ailleurs)

Actuellement, le taux d’iode radioactif dans l’eau de mer est près de 4500 fois supérieur à la normale dans les 300 mètres au large de Fukushima.

Concernant la radioactivité mésurée en France, de légères traces ont été détéctée à plusieurs endroits. La CRIIRAD précise que dans un communiqué du 29 mars 2011 que « la contamination de l’air va se prolonger pendant au minimum 15 jours et que les activités de l’air, et par conséquent de l’eau de pluie, seront probablement supérieures à ce qui est mesuré actuellement« .

Ironie du calendrier, le procès de Tchernobyl débute aujourd’hui en France…

Les retombées radioactives de Fukushima

Alors que le « panache » fait son tour de l’hémisphère nord, il est déjà possible de connaître certaines retombées en terme de radioactivité.

Au Japon, le premier ministre a ordonné ce mercredi 23 mars l’interdiction de la consommation de lait cru et de légumes provenant de la région proche de la centrale de Fukushima car ils contiennent des niveaux de radioactivité jusqu’à 8 fois supérieurs aux normes. Sur certains, le niveau de Césium est 160 fois plus élevé que le seuil de sûreté.
Les côtes japonaises sont également au centre des inquiétudes : « Au large de Fukushima, des prélèvements d’eau de mer ont été réalisés à 100 mètres de la berge, les résultats montrent des niveaux en iode 131 de l’ordre de 100 fois supérieurs à la norme japonaise», précise l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN).
A Tokyo, des traces de radioactivité sont décelées dans l’eau du robinet.
Le Japon est de plus en plus menacé de pénurie alimentaire.
A souligner également l’irradiation subie par les ouvriers de Fukushima. Aux dernières nouvelles, ils ont d’ailleurs été obligés d’interrompre leurs travaux en raison du taux de radioactivité trop élevé.

En France, le nuage semble avoir touché le pays de façon limitée. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) à d’ailleurs confirmé le caractère négligeable du « panache », tout en promettant de réaliser des analyses détaillées de son côté.

Il est d’ores et déjà possible de surveiller la radioactivité dans l’air sur le site de l’IRSN qui actualise les données toutes les 4 heures. L’IRSN communiquera également dans les prochains jours d’autres mesures effectuées sur les filtres aérosols et les eaux de pluie.

Un nuage radioactif qui passe les frontières

La France sera touchée mercredi ou jeudi par le nuage radioactif résultant des rejets des réacteurs endommagés de la centrale de Fukushima selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. D’après l’IRSN : « le panache radioactif aurait actuellement atteint le nord-est de la Sibérie, les Etats-Unis et l’ouest de l’Atlantique. Il devrait atteindre la France à partir du 23 ou 24 mars. »

Des traces dans les aliments
Déjà au Japon des niveaux de radioactivité anormaux ont été mesurés dans du lait et des épinards (dans la région de Fukushima) ainsi que dans l’eau du robinet à Tokyo et ses environs. La limite légale pour la teneur en iode 131 a cependant été ponctuellement dépassée le 17 mars dans l’eau courante d’une municipalité de la préfecture de Fukushima, située à 45 kilomètres de la centrale. Par ailleurs, des aliments exportés à Taïwan contenaient des traces de radioactivité.

Sur la modélisation ci-dessous, on voit bien que plusieurs continents seront touchés. Mais pour l’heure, aucun média n’évoque les conséquences des rejets radioactifs et du nuage dans l’océan. Et je pense qu’elles ne sont pas minimes…

EDIT le 21/03/2010 : Le nuage radioactif qui passera en France mercredi et jeudi concentrera 0,001 becquerel de césium 137 par mètre cube d’air. Bien qu’inférieures aux concentrations enregistrées en 1986 lors de la catastrophe de Tchernobyl, les concentrations du « panache » seront bien au-dessus de la moyenne en France, qui est, selon l’IRSN, de 0,000001 Bq/m3.

Un nuage radioactif à prévoir

Après l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, les médias commencent à s’interroger sur les conséquences d’un nuage radioactif et les risques de pollution induits par celui-ci. Pour suivre l’évolution des vents, il existe le widget « Radar in Motion » ; l’Australian Radiation Services a quant à lui réalisé une carte de simulation de l’avancée du nuage.

EDIT le 18/03/2011 : selon une carte interactive publiée sur le site « Le Monde », une partie du nuage radioactif devrait toucher la côte ouest des Etats-Unis dans les prochaines heures. Il serait cependant dilué en partie par les pluies dans le Pacifique.

EDIT le 16/03/2011 : voici une simulation actualisée et une explication en video sur la tournure des évènements concernant le nuage radioactif et les vents, qui sembleraient défavorables

EDIT : il semblerait que cette simulation ne soit pas fiable. “Le Monde” évoque plutôt la direction vers la péninsule russe du Kamtchatka dans les 24 heures…

EDIT : le nuage de fumée formée lors de l’explosion de la première centrale devrait toucher la ville de Tokyo dans les prochaines heures.

carte nuage nucleaire japon

Source :
http://pourceuxquiaimentlenet.be