La montée en puissance des médias sociaux, même le géant google semble hors du train !!
Une vidéo qui fait réfléchir.
Goodbye Hadopi… Révolution ?
Quand est-ce que l’exécutif cessera de dépenser l’argent public au profit de lois liberticides, très coûteuses qui finissent rejetées démocratiquement?
Lorsque nous (j’entends les acteurs de l’internet au sens large) devons nous mobiliser contre une loi, c’est autant de temps perdu, d’énergie et d’argent dépensé. Pendant que d’autres pays (comme les États-Unis) sont eux au boulot pour renouer avec un développement nouveau et intelligent (Google, Apple, énergies vertes, etc.). Faut-il lâcher nos outils de production numérique pour aller investir l’Assemblée nationale ? Faut-il s’exiler aux États-Unis ?
Et si Hadopi était la mascarade de trop ?
Parfois je me dis que ce serait plus simple de révolutionner le système que de devoir constamment le contourner par la contrainte. Qui me suit pour une révolution pacifiste ? Je ne suis ni de droite, ni de gauche, je suis simplement un citoyen français, qui réclame le droit de vivre librement.
Alors, on se donne rendez-vous devant l’assemblée, on se met « nu » pour symboliser notre fragilité ? Et on invite les médias pour être entendu ? Que faut-il faire pour que cette démocratie roule « avec » nous, même si ce n’est pas « pour » nous. Sortons du ressentiment (légitime) pour renouer avec l’action.
« Grosse surprise, en effet, dans l’hémicycle. Adopté ce matin par le Sénat, le texte vient d’être rejeté par les députés à 21 voix contre, 15 voix pour. Après près deux heures de discussions — notamment autour une exception d’irrecevabilité déposée par Jean-Marc Ayrault, et une question préalable, déposée par Claude Sandrier, toutes deux rejetées — les groupes Socialistes, Verts et Nouveau Centre ont voté « contre » (ce dernier ne s’est pas abstenu comme jeudi dernier lors du vote du projet de loi), le groupe UMP a voté « pour ». « Cela aurait donc été rejeté, même sans les voix de la majorité qui ont voté contre : celles de Jean Dionis du Séjour et de Nicolas Dupont-Aignan »,a précisé Christian Paul.
« Il y avait un vent de révolte dans le pays, qui s’est engouffré dans l’Assemblée et nous a fait passer de l’opposition à la majorité, explique le député Socialiste, depuis une Salle des quatre colonnes en effervescence.Le gouvernement est maintenant dans les choux. » »
Cohn-Bendit & la société pollen
Vers «la société pollen»
«L’abeille représente une remarquable métaphore de ce que nous vivons aujourd’hui, car c’est la circulation des abeilles qui en fait la valeur. Dans cette perspective, une nouvelle écologie/économie politique s’intéressera surtout à la pollinisation qui représente entre 350 et 1000 fois plus que la valeur de l’économie marchande traditionnelle. Car l’économie s’est transformée aussi, au sens où les interactions sont devenues le cœur des activités. La plupart des choses se passent désormais dans la circulation – et non plus dans la production ou la consommation qui accompagne la production. La richesse d’une entreprise comme Google, par exemple, repose aujourd’hui moins sur ses 12000 employés et ses 300000 ordinateurs en batterie que sur le “travail” effectué par les 14 millions de personnes, qui à chaque seconde, viennent cliquer sur ses services en ligne et produisent ainsi du réseau. C’est cela le travail humain de pollinisation.
«De même, il y a quelques années que General Motors ne fait plus de profit en vendant des voitures, mais grâce aux crédits qu’elle propose à ses clients, en se payant sur les taux d’intérêt. Autrement dit, la voiture est devenue le by-product d’un crédit. Encore un exemple avec la distribution : l’essentiel des marges de Carrefour vient du crédit, et non pas de la marge prise sur les produits vendus ; le client paie en temps réel, mais Carrefour paye ses fournisseurs à quatre-vingt-dix jours. Pendant ce temps, le groupe peut rentabiliser ces sommes énormes sur les marchés financiers. L’économie matérielle est complètement contaminée par l’économie immatérielle.
«Mais l’exemple de Google ne me satisfait pas, car ce modèle économique est avant tout un aspirateur des subjectivités individuelles et des productions collectives au seul bénéfice d’une seule entreprise. Je préfère celui du logiciel libre qui est fondé sur le même principe de pollinisation mais, au lieu d’être accaparé par une seule entreprise, le produit, le logiciel, est au service de la collectivité. Il bénéficie des apports d’une multitude de programmeurs, d’utilisateurs qui, au final, aboutissent à des logiciels de meilleure qualité que des logiciels propriétaires. L’activité humaine dans une société complexe doit, tout comme la biosphère, se comprendre comme une pollinisation générale, résultant des multiples interactions créatrices de richesses. Il ne faut pas limiter la perspective à la seule production de miel vendue sur le marché. Le bourdon, par exemple, ne fait pas de miel, ne pique pas, ne sert apparemment qu’à effrayer les enfants ou les adultes un peu craintifs. Mais il pollinise aussi: il est indispensable au cycle de fécondation. À tel point que la pollinisation ne se fait plus dans les serres saturées de pesticides et de produits phytosanitaires. En somme, les bourdons sont un peu comme nos inactifs (chômeurs, retraités, étudiants) : leur production matérielle est proche de zéro, mais ils participent à la pollinisation, produisent du réseau, de l’information, du lien social. Je ne vais pas me risquer à filer la métaphore jusqu’à un modèle théorique complet, mais il me semble que la diffusion des idées, des innovations ou des mouvements artistiques et culturels, à certaines époques très fécondes de l’histoire de l’humanité, ressemble beaucoup à une pollinisation à l’échelle humaine.»
Nouvelle donne sociale
«Mais la nouvelle donne écologique est à mon sens impensable sans une nouvelle donne sociale. Les abeilles humaines doivent avoir les moyens d’accomplir leurs tâches de pollinisation. Ce qui suppose à terme de réfléchir à la mutation en profondeur de nos systèmes de protection sociale. Les pays européens se distinguent du reste du monde par leur attention à la justice sociale, au point qu’on parle souvent de l’existence d’un authentique modèle social européen. Ce modèle social doit évoluer vers une autre forme de redistribution, dissociée de la richesse produite par la production matérielle. Dans une société où l’essentiel de la richesse provient des activités immatérielles, j’estime qu’il devient primordial d’assurer une garantie d’existence à cette activité invisible, qui est à terme beaucoup plus productive écologiquement et économiquement que la production marchande. »
«Faut-il la penser comme un revenu d’existence ? A terme, peut-être. Le revenu d’existence correspond à la reconnaissance de ce principe fondamental d’organisation de la société en tant que collectivité. Et il rétribue la contribution de chacun à la pollinisation. Idéalement, il devrait donc être attribué de façon inconditionnelle et même être cumulatif avec l’exercice d’un travail rémunéré. Cela servirait de base à la mise en place d’une protection contre la pauvreté pour ceux qui n’ont pas d’emploi, et rétribuait la contribution sociale de ceux qui exercent une activité pollinisatrice non reconnue (domestique, comme élever des enfants, prendre soin de personnes âgées ou handicapées ; associative et bénévole, comme les multiples engagements qui irriguent la société civile, ou encore artistique), ainsi que pour ceux qui travaillent.»
(…)
Que faire? Petit traité d’imagination politique à l’usage des européens. Collection TAPAGE Hachette Littératures. 179 pages, 14 euros.
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