Pierre Guenancia

Pierre Guenancia a sorti récemment son ouvrage Le Regard de la pensée. Philosophie de la représentation.

Ouvrage de philosophie, qui nous invite a une réflexion profonde sur l’idée de représentation. Une problématique qui semble faire étrangement corps avec celle liée à l’environnement, et a l’idée que l’on peut se faire du monde et de l’être humain. Un ouvrage que je conseille à tous ceux qui veulent et savent se donner le temps de la réflexion.

Voici une bonne critique de Roger-Pol Droit paru dans Le Monde (Avril 2010) :

l faudrait préférer l’authenticité du vécu ou l’immédiateté de l’expérience, et donc se méfier de cette distance, artificielle et théorique, qu’introduit la représentation entre nous et la réalité. Ce vieux concept de « représentation », qui permettait notamment à Descartes d’exposer sa vie « comme en un tableau », appartiendrait à un passé révolu et trompeur. Nous autres modernes, nous en aurions fini, et heureusement, avec cette vitre interposée entre notre regard et le monde… Voilà grosso modo ce que répète sur divers tons une large part de la pensée contemporaine.

La grande originalité et le grand mérite du livre de Pierre Guenancia est d’aller contre ce courant dominant. Rappelant combien la représentation intellectuelle se distingue du travail de l’imagination, il montre qu’elle n’est pas un artifice dommageable, mais un fait proprement humain : la capacité de constituer, par la pensée, un modèle ou une figure pour mieux comprendre, et donc la possibilité d’atteindre une vue intellectuelle – certes distanciée mais, pour cette raison même, plus pertinente que toute sensation directe.

Le parcours de ce livre – à la fois savant, original et puissant – s’achève sur le paradoxe de la « représentation de soi ». Si l’on parvenait, comme disait Montaigne, à se considérer soi-même « comme un voisin ou comme un arbre », on aurait progressé non seulement dans la question de l’identité individuelle, mais aussi dans les relations entre les cultures.

Lien sur le monde :

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/23/comme-un-voisin-ou-comme-un-arbre_1341435_3260.html

Pierre Guenancia Le Regard de la pensée

Un article sur le philosophe Pierre Guenancia paru dans Le Monde Avril 2010. A l’occasion de la sortie de son livre : Le Regard de la pensée. Philosophie de la représentation.

Dans la famille des philosophes, il en est de discrets. Peu soucieux de tapages, sérieux en besogne, solides, certains, comme Pierre Guenancia, n’oublient pas pour autant d’être inventifs et singuliers. Dans cette catégorie rare, peut-être en voie de disparition, il trace son sillon de pensée depuis déjà longtemps. En 1976, il publiait un premier livre, vite remarqué et estimé par les cercles savants, Du vide à Dieu. Essai sur la physique de Pascal (Ed. François Maspero), qui fut suivi de nombreuses études sur Descartes, dont plusieurs sont rassemblées dans un beau volume récemment publié par les éditions Encre Marine, Descartes chemin faisant (302 p., 29 euros).

On aurait tort, malgré tout, de ranger hâtivement ce philosophe dans la cohorte des historiens et des commentateurs érudits. Certes, il est d’abord professeur, rôle aujourd’hui décrié, mais qu’il revendique avec fierté : « Mon métier, dit-il, c’est vraiment d’enseigner aux étudiants, à tous les niveaux, les grands auteurs et les grandes philosophies du passé. » Rien d’étonnant, du coup, à ce que cet agrégé, normalien de l’ENS de Saint-Cloud, élève du grand maître que fut Jean-Toussaint Desanti, ait beaucoup enseigné : une vingtaine d’années en khâgne à Dijon, puis une grande dizaine d’années à l’université de Bourgogne, où il est notamment responsable du master de philosophie.

Malgré tout, l’histoire de la pensée ne l’intéresse qu’à une condition simple : qu’elle permette d’avoir une prise sur les questions du présent. Sur ce point, son diagnostic est sans ambiguïté : « Aujourd’hui, la philosophie, dans son enseignement comme dans sa production, est plus ou moins dans une ornière. Elle est immobilisée par un rapport écrasant à sa propre histoire, qui l’enferme dans un commentaire indéfini. Je crois au contraire qu’il est indispensable de marier l’étude rigoureuse des systèmes et l’attention aux problèmes actuels, y compris évidemment ceux qui se posent dans d’autres domaines que la philosophie. »

« MON BUT EST ÉTHIQUE »

Montrer comment des questions que notre époque croit neuves possèdent un arrière-plan historique considérable, ou bien faire voir combien demeurent ouvertes, actives, ou toujours réactivables, les interrogations d’auteurs anciens que l’on pensait figées ou caduques, telles sont pour Pierre Guenancia les tâches premières du travail philosophique. C’est pourquoi il n’a cessé, en particulier, de souligner la nécessité de lire Descartes dans ce qu’il a d’imprévu, d’inventif, de vivant – quand il s’agit pour lui de répondre à des objections qui le surprennent, ou aux questions de la princesse Elisabeth de Bohème qui le déconcertent.

En fait, qu’il s’intéresse à « l’ordre politique » dans la pensée de Descartes, à « l’intelligence du sensible » (Gallimard, 1998), à la représentation de soi ou au cosmopolitisme, c’est toujours pour répondre à une question de notre époque que ce philosophe rédige ses essais. Ainsi, c’est bien contre le repli des individus sur eux-mêmes, et contre le mépris dangereux pour le travail intellectuel, qu’il a publié récemment Le Regard de la pensée. Il y combat les illusions de l’intuition et de l’authenticité et défend la nécessité de se faire, si l’on peut dire, une idée de ce que l’on est. « Mon but est éthique : il s’agit de rompre avec la complicité envers soi-même, afin de passer du registre de la compréhension à celui de l’intellection. Se voir « comme un autre », c’est finalement se voir en tant qu’homme plutôt qu’en tant que soi. C’est donc passer du soi, très privatif, à une aventure commune que chacun partage évidemment de son point de vue, à partir de son lieu et de son époque, mais qu’il partage malgré tout. En ce sens, la représentation de soi ouvre sur l’horizon du partage de l’existence humaine avec les autres. »

Dès lors, on ne s’étonne pas d’apprendre que Pierre Guenancia travaille actuellement à un prochain essai sur l’idée de cosmopolitisme. A ses yeux, on aplatit trop souvent cette notion cruciale. « Cosmopolitisme ne signifie pas réunion de tous les hommes dans un Etat mondial, ni même dépassement des nations. C’est trop réaliste, trop empirique. L’idée du cosmopolitisme désigne une ouverture à l’extérieur, aux autres cultures, qui renvoie en fait à l’essence toujours ouverte de l’homme. » On comprend donc mieux, au fil de ses explications, comment se conjuguent pour lui les préoccupations de notre époque et la réflexion philosophique.

En fait, il ne s’agit nullement d’une démarche forcée ni même d’une nouveauté. « La philosophie a toujours été constituée d’une attention tous azimuts au monde et aux hommes. Jamais, en fait, elle ne se désintéresse de la façon dont les hommes vivent, gouvernent et se gouvernent, se soignent ou se racontent des histoires. Sans doute le fait-elle sous une forme rigoureuse, car une démonstration philosophique n’a rien d’une simple opinion. Mais, en fait, rien n’est étranger aux philosophes. Ce sont toutes les questions humaines qu’ils doivent pouvoir aborder. » Si c’est le cas, pourquoi donc les philosophes seraient-ils dotés d’une pareille omnicompétence ? Quelle qualification les rend ainsi capables de traiter de tout ? « La pratique quotidienne des grands systèmes de la pensée fait connaître comment les concepts sont construits, comment les démonstrations s’organisent et comment la pensée se met en place. »

D’un moment passé en compagnie de Pierre Guenancia, pourquoi a-t-on l’impression de sortir ragaillardi ? Un professeur qui poursuit une oeuvre originale, un homme qui ne méprise ni l’université ni le monde qui l’entoure, un penseur qui n’abandonne pas plus la rigueur des analyses que les réalités de ses contemporains, cela devrait être fréquent chez les philosophes – mais en fait ça ne court pas les rues. Somme toute, on a l’impression de rencontrer un homme libre, qui se tient résolument à l’écart des modes et des tourbillons, pour mieux s’efforcer d’être au coeur de son temps. Voilà, comme eût dit Montaigne, qui éjouit.

Roger-Pol Droit

Source :
http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/23/rompre-avec-la-complicite-envers-soi-meme_1341434_3260.html

A lire aussi :
« Comme un voisin ou comme un arbre » par Roger-Pol Droit
http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/23/comme-un-voisin-ou-comme-un-arbre_1341435_3260.html

Areva : la Russie c’est fini !

Greenpeace a découvert qu’Areva va prématurément cesser d’exporter ses déchets nucléaires en Russie. Alors que le contrat qui unit Areva et l’agence atomique russe Rosatom devait prendre fin en 2014, les Russes ont décidé de rompre dès le 11 juillet prochain cette collaboration qui dure depuis 1972 !

La polémique internationale créée ces derniers temps notamment grâce aux actions de Greenpeace a eu raison de ce scandale !

Un scandale révélé par Greenpeace
Depuis les années 1980, Greenpeace dénonce les exportations de déchets nucléaires en Russie. En octobre 2009, la diffusion de l’enquête de Laure Noualhat et Éric Guéret, « Déchets : le cauchemar du nucléaire » relance la polémique. N’obtenant aucune explication satisfaisante de la part d’Areva, le ministre de l’Écologie et de l’Énergie saisit le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire qui ouvre une enquête. Prévus pour janvier 2010, les résultats devraient être rendus publics d’ici la fin du mois de juin.

Les mensonges d’Areva…
Tout au long de cette bataille, Areva n’a cessé de mentir pour essayer de justifier ces exportations. Aujourd’hui l’industriel essaie de faire croire que l’arrêt des exportations était prévu de longue date… La journaliste de Rue89 qui a réalisé une enquête complète sur cette affaire a eu bien des difficultés pour obtenir des réponses.

Lire la suite sur le site de Greenpeace :
http://energie-climat.greenpeace.fr/areva-sapprete-a-arreter-son-trafic-de-dechets-nucleaires-vers-la-russie-greenpeace-a-gagne

Décès de Malcom McLaren

Malcom McLaren le créateur du punk (il fut manageur des Sex Pistols) est mort jeudi 8 Avril 2010.

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Crime contre l’humanité !!

Les politiques parlent enfin de la notion de crime contre l’humanité en ce qui concerne les nuisances environnementales.

L’ancien premier ministre socialiste Michel Rocard a qualifié aujourd’hui de très « mauvaise nouvelle » le report sine die de la taxe carbone estimant que « dans une dizaine d’années », on parlera de « crime contre l’humanité » à propos de ceux qui auront « pris du retard ».

L’annonce par le premier ministre François Fillon du report de la taxe carbone est « une très mauvaise nouvelle », a déclaré sur France Inter M. Rocard, qui avait organisé en juillet 2009 une conférence d’experts sur la taxe carbone. « Mais elle se fera bien un jour », a-t-il ajouté, car « on ne va tout de même pas laisser la planète devenir doucement une poële à frire dans laquelle la vie deviendra impossible ».

« Il s’agit d’une menace vitale pour la vie sur la planète » et « dans une dizaine d’années, pour les gens qui prendront du retard dans le combat » contre le réchauffement climatique, « on parlera de crime contre l’humanité », a-t-il averti.

Source : AFP

Atoms For Peace

Atoms For Peace, c’est le nom du nouveau groupe de Thom Yorke (Radiohead).

Le groupe anglo-américain est composé de Flea (redhot), Nigel Godrich (radiohead), Joey Waroncker (R.E.M.) et Mauro Refosco.

A de nombreuses reprises, Thom Yorke a pris partis contre le nucléaire, qu’il soit civil ou militaire.

Les cobayes du nucléaire français

C’est un rapport accablant. 260 pages estampillées « confidentiel défense » que « le Parisien » – « Aujourd’hui en France » s’est procuré et qui éclaire d’un jour radicalement nouveau la campagne française d’essais nucléaires dans le Sahara algérien, entre 1960 et 1966. « Il s’agit de la seule synthèse existante sur ces tirs connue à l’heure actuelle », avertit Patrice Bouveret, président et cofondateur de l’Observatoire des armements, qui évoque ce document dans le dernier numéro de sa lettre d’information.

Intitulé : « la Genèse de l’organisation et les expérimentations au Sahara », ce texte rédigé par un ou des militaires anonymes daterait de 1998, juste après l’abandon définitif des essais par Jacques Chirac. Il y évoque avec emphase « une grande aventure scientifique », tout en jugeant « inopportun d’en extraire une synthèse grand public. » A sa lecture, on comprend aisément pourquoi, chaque ligne du rapport expliquant comment scientifiques et militaires veulent, à l’époque, obtenir « la bombe », quel que soit le prix à payer, y compris humain. Gerboise verte, le quatrième et dernier tir dans l’atmosphère, fait ainsi jouer les appelés du contingent à une véritable guerre nucléaire grandeur nature. Souvent, les vétérans se plaignaient d’avoir été des cobayes. C’est désormais une certitude.

Quant aux « faibles doses » reçues qu’évoque le ministre de la Défense, elles sont à l’origine de maladies irréversibles. « Que dans le contexte de l’époque, on fasse des manoeuvres, on peut en discuter, résume Patrice Bouveret. Mais que tout cela soit fait sans aucune prise en compte sociale ou médicale des hommes, c’est quasi criminel.
(…)

Source :
http://www.leparisien.fr/