Tricastin 3 incidents en 24 h

Le réacteur N.3 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) était samedi à l’arrêt en raison d’une carte électronique défectueuse.
La centrale de Tricastin c’est 3 incidents en moins de 24 h :

Dans la matinée du 22 novembre 2013 le réacteur n°2 s’est mis en arrêt d’urgence suite à une importante fuite de vapeur sur une tuyauterie dans la salle des machines (soit obligatoirement des rejets d’effluents gazeux chimiques et radioactifs).

Le réacteur n°3 s’est stoppé automatiquement à 04H00, ce samedi 23 novembre 2013.

Incident en cours réacteur n°4 : constatations visuelles actuelles concernant d’importants rejets de vapeur, concernant probablement le circuit primaire de la zone nucléaire.

De plus en plus de pannes, attendons nous l’accident majeur pour fermer cette centrale poubelle ?

Source : http://www.next-up.org & EDF

Tricastin ça fuit encore…

Encore un incident nucléaire à la centrale nucléaire de Tricastin, jeudi 31 octobre 2013, « Lors d’un transport, un kilo d’uranium appauvri s’est répandu dans un coffrage non fermé. Une partie est tombée sur le sol sur quelques mètres » : rassurant.

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Explosion centrale de Tricastin

Une explosion s’est produite dans la centrale nucléaire de Tricastin. Il s’agit du transformateur principal (ou alternateur) de la centrale nucléaire, ce qui est donc très inquiétant, d’autant que cet alternateur est très proche du bâtiment réacteur. Il est en lien direct avec ce qui est appelé par EDF le Circuit secondaire : la turbine étant elle même liée à l’échangeur, au condensateur et à la pompe.
Comment une explosion est elle possible, sur un site aussi sensible ?

Exigeons l’arrêt définitif de ce réacteur devenu dangereux.

Deuxième EPR un choix économique catastrophique

Pour Corinne Lepage, la relance du nucléaire constitue un choix économique catastrophique :

Si le risque financier est immense, les avantages sont maigres. Le coût de revient du nucléaire est beaucoup plus élevé que le coût généralement avancé. Le Bureau de suivi du budget du Congrès américain a indiqué en 2008 que les coûts réels de construction de 75 des centrales du parc actuel avaient dépassé de plus de 300 pour cent les estimations qui avaient été faites par l’industrie nucléaire, soit une progression de 0,938 à 2,959 dollars par kW installé. Le coût d’une nouvelle centrale nucléaire est actuellement évalué par Moody’s à un montant de 5.000 et 6.000 dollars par kW installé, à 8.000 dollars par la société Florida Power & Light pour la construction de deux nouvelles unités nucléaires à Turkey Point dans le sud de la Floride. Et ces estimations n’incluent pas les frais de traitement et de stockage des déchets nucléaires. En août 2008, le Département de l’Energie a fourni une nouvelle estimation du coût d’aménagement et de gestion de Yucca Montain, le site centralisé de stockage actuellement en construction au Nevada. Les estimations ont bondi de 57,5 milliards en 2001 à 96,2 milliards aujourd’hui, ce dernier chiffre couvrant simplement les coûts jusqu’en 2013.

Même en France, après la réévaluation du coût de l’EPR de Flamanville estimé à 4 Mds d’euros (20% de plus que prévu mais c’est un minimum compte tenu du précédent finlandais et de l’estimation américaine ci-dessus qui conduirait à un coût de 6 à 8 Mds d’euros) EDF estime à 55 euros le prix du mégawatt heure soit un prix qui ne cesse de monter alors que celui de l’éolien et du solaire ne cesse de baisser. Et ce prix n’inclut pas le démantèlement (les Anglais évaluent à 103 Mds d’euros le coût alors que EDF n’aurait mis de côté que 30 Mds pour 3 fois plus de centrales et dans un fonds non dédié…)

Ainsi ce choix n’est pas le moins coûteux, mais en plus il va peser sur l’industrie française qui a vu les tarifs dérégulés augmenter de 48% entre 2006 et 2007… et qui sera mise dans l’obligation de faire l’impasse sur le développement de l’économie verte incompatible avec le nucléaire. La bronca contre l’éolien ou le débat sur l’efficacité énergétique dans les bâtiments chauffés électriquement n’est qu’un avant-goût de ce que nous allons vivre. Nous allons simplement, pour des considérations idéologiques et non économiques, nous priver de prendre le virage des industries du XXIe siècle. Les dégâts sur l’économie et la finance française seront à moyen terme les mêmes qu’au cours des années 80 : aggravation des déficits commerciaux, perte de savoir faire dans les secteurs porteurs de l’industrie de grande diffusion, retard de la modernisation du substrat économique. Mais ils seront aggravés par les difficultés financières et le changement de modèle économique auquel nous ne participerons pas. Et n’oublions jamais que le risque zéro n’existe pas et qu’il faut espérer que nous ne connaîtrons jamais d’incidents importants a fortiori d’accidents ce qui mettrait en péril des secteurs d’activités stratégiques pour notre pays comme l’industrie agroalimentaire ou l’industrie qui représentent les premiers pôles de notre économie et de notre balance commerciale.

 

Ainsi, sans même aborder la question de l’impact sur l’emploi (2.000 emplois espérés à Penly pendant le chantier, 300 après) contre plusieurs dizaines de milliers qui pourraient être créés avec les 4 milliards d’euros voués à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables ou encore la question sanitaire et écologique bien réelle, la relance du nucléaire constitue un choix économique catastrophique.

Corinne LEPAGE

Source :
http://www.actu-environnement.com/

Manifestation à Tricastin le 25 octobre

Le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle les citoyens à manifester avec le Collectif antinucléaire 84 le samedi 25 octobre à Tricastin. En participant à cette initiative, il s’agit de rappeler que les incidents et accidents nucléaires qui ont frappé la France et l’Europe ces dernières semaines sont des avertissements : une véritable catastrophe, comparable à celle de Tchernobyl, peut se produire à chaque instant.

Lien : Sortir du Nucléaire

Sites nucléaires & contamination des nappes phréatiques

Un article interessant sur le site Le Point.fr par Par Marc Vignaud : « Les sites nucléaires provoquent une contamination des nappes phréatiques « 

Des nappes contaminées sur une majorité de sites.

La majorité des eaux souterraines liées aux sites nucléaires, civils ou militaires, souffrent d’une contamination liée à des incidents d’exploitation, souvent anciens, et aux conditions d’entreposage de déchets radioactifs qui remontent aux années 1950 et 1960.

(…)

L’IRSN relève par ailleurs une contamination des eaux souterraines au tritium, au césium 137 ou encore au strontium 90 sous les sites des centres du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et les installations du cycle combustible nucléaire. Plus inquiétant, pour certains sites, les nappes situées en aval des sites sont elles-mêmes contaminées. C’est notamment le cas sur le site de Marcoule dans le Gard. Rappelons que, conformément à la loi, les exploitants de sites nucléaires obtiennent des autorisations de rejets (gazeux, liquides…) dans l’air, dans le sol ou dans les cours d’eaux liées au fonctionnement de leur activité. En revanche, tout rejet direct dans la nappe phréatique est strictement interdit.

(…)

La nappe du Tricastin particulièrement polluée.

Le site nucléaire à cheval sur le département de la Drôme et du Vaucluse rassemble un grand nombre d’installations différentes dont celle, militaire, de Pierrelatte. Or, l’état environnemental de ce genre de complexe est particulièrement difficile à appréhender, reconnaît l’IRSN, car les études demandées se limitent généralement à une seule installation nucléaire. L’état radiologique de la nappe phréatique du site est pourtant connu. Il présente, entre autres, une concentration en uranium « nettement supérieure » à la valeur guide recommandée par l’OMS de 15 microgrammes par litre. Plus grave, à l’extérieur du site, cette valeur est toujours dépassée, même si les chiffres sont moins importants. Selon l’IRSN, l’origine de ces concentrations reste encore incertaine. Didier Collet explique pour sa part que la pollution constatée au Tricastin est liée à « une accumulation de facteurs mais n’est pas une situation pérenne ». Selon ce responsable de l’ASN, le marquage anormal de la nappe provient surtout d »une contamination historique » dont l’origine est encore méconnue. Interrogé sur les actions à entreprendre pour y remédier, il répond que « l’IRSN va réaliser une étude hydrologique approfondie pour remonter à l’origine de cette contamination et mieux connaître l’état naturel de la nappe et notamment ses courants ».

Source : Le Point.fr

Lepage : on essaie d’habituer les Français aux incidents

Etes-vous inquiète de la multiplication des incidents dans l’industrie nucléaire française ?

Corinne Lepage. Ce qui se passe est tout à fait anormal. A commencer par l’incident de la semaine dernière au Tricastin, qui a été classé de niveau 1, car sans impact sur l’environnement. Dans ce cas-là, pourquoi autant de communication, c’était du jamais-vu ! Je pense que cet événement aurait dû être classé de niveau 2. Et je m’interroge sur les raisons pour lesquelles cette médiatisation survient.

Qu’en déduisez-vous ?

Je me demande si nous ne sommes pas en face d’une opération concertée pour banaliser les incidents dans le nucléaire. Dans la grande privatisation qui se prépare dans cette industrie (NDLR : une fusion Areva-Alstom est évoquée depuis plusieurs mois), on essaie d’habituer les Français. On prépare le terrain en leur disant que ce ne sont que des incidents mineurs, et en leur déclarant à chaque fois : Vous voyez bien, on ne vous cache rien, on vous dit tout. Vous vous préoccupez aussi de l’état de nos réacteurs ?

Oui. J’ai été saisie par un collectif regroupant des Français, des Suisses et des Allemands à propos de la centrale de Fessenheim, qui est vieille et n’a pas bénéficié des investissements nécessaires pour des questions de rentabilité. Je m’apprête à déposer un recours gracieux auprès du préfet du Haut-Rhin et du gouvernement pour les alerter sur la situation.

 

Le Parisien 24/07/08 (Propos recueillis par Michel Valentin).

Tricastin & Uranium : les surprises II

Selon Libération :

 » A l’autre extrêmité du site en effet, les déchets radioactifs des usines militaires ont été littéralement enfouis dans le sol: 760 tonnes de barrières de diffusion – un des outils du processus d’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse -, des boues radioactives, des filtres de conditionnement (46 m3) et de fluorines ((14 000 m3). « C’est la palme du cynisme concernant ces déchets » raconte Corinne Castagnier. « De 1969 à 1975, ces déchets ont été entreposés sous une butte de terre. Deux ans après l’enfouissement, en 1977, les exploitants constatent déjà la pollution de la nappe située sous la butte alors qu’ils avaient prétendu avoir enfoui les déchets dans une barrière argileuse, donc étanche. En 1980, la contamination de la nappe est d’un facteur 1000 fois supérieur à la norme. Les exploitants décident alors de pomper la nappe à raison de 173 m3 par heure, et ce jusqu’en 1998…! Ils ont prélevé plus d’un million de m3 qu’ils ont ensuite rejeté dans le Rhône… Ce n’est peut-être pas le plus contaminé des sites que nous ayons étudiés, mais c’est de loin le plus cynique dans la façon dont la pollution a été gérée. »

En effet, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, la Direction départementale de l’action sanitaire et sociale et Areva ont récemment mis en évidence dans une étude sur la nappe phréatique du Tricastin des traces d’uranium dont la source n’a pas pu être identifiée. Sans réellement s’en inquiéter.

Sans compter qu’en 2002, la Criirad avait constaté des irradiations anormales en bordure du site. Le Tricastin vous souhaite un bel été radioactif. »

Lire la suite sur Libération : « Réactions en chaîne au Tricastin« 

Tricastin & Uranium : les surprises

Le 15 Juillet 2008

Selon Le Monde :  » (…) il reste plusieurs zones d’ombre. La plus préoccupante concerne la présence, encore inexpliquée, de teneurs en uranium plus élevées que la normale dans divers points de la nappe phréatique. Compte tenu de la vitesse de diffusion de l’uranium, ces concentrations n’auraient pas dû être relevées. Sur un point de prélèvement, nommé AEP4, situé à deux kilomètres au sud de la Socatri, la teneur est montée jusqu’à 64 µg/l le 8 juillet, et restait à 36,6 µg/l le 13 juillet.

Dans une ferme avoisinante, elle se situait autour de la limite fixée par l’OMS – soit presque dix fois au-dessus du « bruit de fond » enregistré habituellement dans la nappe. « Ces valeurs ne peuvent être expliquées par le rejet accidentel », estime l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Le point AEP4, situé chez un particulier, déconcerte les autorités : la teneur en uranium fluctue, l’eau prélevée au puits présentant des concentrations moins élevées que celles mesurées au robinet qu’il alimente.

Cette découverte renvoie à une étude récemment conduite par l’IRSN, la Direction départementale de l’action sanitaire et sociale et Areva sur la nappe phréatique du Tricastin. « Elle avait mis en évidence des marquages à l’uranium en certains points, entre 10 et 15 µg/l, sans que l’on puisse préciser leur source, indique Didier Champion, directeur de l’environnement à l’IRSN. On ne peut exclure qu’il y ait eu des rejets antérieurs, à l’origine d’une pollution à l’uranium. » Soucieuse d’éclaircir ce point, la préfecture du Vaucluse ne prévoit pas de modifier ses prescriptions sur l’usage de l’eau avant plusieurs jours. Le temps aussi de collecter les résultats des analyses de sédiment, de plantes et de poisson issus des cours et plans d’eau souillés. »

Lire la suite sur Le Monde, De l’uranium suspect décelé dans la nappe phréatique au Tricastin, Hervé Morin