Péages

Un article sur les fameux péages à lire sur Libération : Péages la route de la fortune

Le système de tarification, opaque et compliqué, garantit aux sociétés d’autoroutes des revenus élevés.

Les millions d’automobilistes qui font leurs comptes sur la route des vacances, en ce week-end de chassé-croisé savent qu’en empruntant les autoroutes, ils dépensent souvent autant au péage qu’à la pompe. Parfois, ils laissent même plus d’argent aux sociétés concessionnaires du parc autoroutier qu’à la station-service où ils ont fait le plein. En dépit de contrats de concession en théorie bien verrouillés et d’une politique tarifaire placée sous contrôle de l’Etat, les prix des autoroutes ont considérablement augmenté ces dernières années. Les sociétés concessionnaires n’ont jamais distribué autant de dividendes à leurs actionnaires et les automobilistes n’ont jamais payé aussi cher.
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En creux, les industriels redoutent qu’à force de se faire plumer à la pompe et au péage, les consommateurs ne se détournent de la voiture.

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L’EPR a la tete sous l’eau !

Rien ne va plus pour l’EPR, puisque les organismes de contrôles de trois pays (UK, France et Finlande) se mettent à douter de sa fiabilité en cas de panne… En résumé cela veut dire que les EPR sont extrêmement dangereux de par leur conception. Et c’est d’autant plus inquiétant que ces organismes de contrôles ne sont vraiment pas réputés pour être des antinucléaires, s’ils s’alarment c’est qu’il y a réellement un risque avec ce type de réacteur nucléaire.

On en parle en une de Liberation, Le Monde et le Figaro : un grand chelem pour l’EPR !

Le Figaro déchets nucléaires

Le quotidien Libération a mené une enquête sur le traitement des déchets nucléaires produits par les centrales nucléaires françaises d’EDF et le constat semble sans appel. Le journal a publié une partie de l’enquête d’Eric Guéret et de Laure Noualhat qui diffusée mardi soir sur Arte. « 13% des déchets radioactifs français produits par EDF se retrouvent en plein air en Sibérie dans une ville interdite d’accès ». Une partie des déchets français n’est en effet pas recyclée mais entreposée en Russie.

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Libération : Nos déchets nucléaires sont cachés en Sibérie

« Diffusé demain soir sur Arte, le documentaire d’Eric Guéret et de notre journaliste Laure Noualhat montre que certains rebuts radioactifs français, loin d’être recyclés, sont abandonnés en Russie.

Depuis des années, l’industrie nucléaire se présente comme une industrie recyclable où, nous affirme-t-on, 96% des matières radioactives sont réutilisables. Un chiffre à faire pâlir d’envie les industries les plus polluantes. La filière nucléaire fait ainsi figure d’industrie propre, recyclable, fonctionnant en circuit quasi fermé et qui, de surcroît, assure l’indépendance énergétique de la France. La réalité est un poil différente. Et le beau circuit du nucléaire connaît en fait de grosses fuites. Aujourd’hui, c’est près de 13 % des matières radioactives produites par notre parc nucléaire qui dorment quelque part au fin fond de la Sibérie. Précisément dans le complexe atomique de Tomsk-7, une ville secrète de 30 000 habitants, interdite aux journalistes. Là-bas, chaque année, depuis le milieu des années 1990, 108 tonnes d’uranium appauvri issues des centrales françaises viennent, dans des containers, se ranger sur un grand parking à ciel ouvert.

Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Pour le comprendre, il faut remonter la filière du retraitement nucléaire français. Au cours de la réaction en chaîne, le combustible, constitué principalement de barres d’uranium, produit un peu de plutonium, mais aussi des «déchets ultimes». L’exploitant EDF paie donc l’industriel Areva pour retraiter le combustible usé de ses centrales à l’usine de La Hague, dans la Manche (lire page 4). Là-bas, on isole les déchets ultimes dont on ne peut rien faire (4 % des volumes), puis le plutonium (1%) et l’uranium de retraitement (les 95% restants). L’industriel Areva assure que le plutonium et l’uranium de retraitement sont réutilisables, ce qui représente le fameux taux de recyclage à 96%. Dans les faits, c’est plus compliqué.

En bateau, en train. Le plutonium est effectivement réinjecté dans le cycle du combustible, mais à des taux très faibles. En l’associant à de l’uranium appauvri, on obtient un nouveau combustible, le MOX (abréviation de «mélange d’oxydes»), qui alimente, en partie, 22 des 58 réacteurs français. Quant à l’uranium de retraitement, on ne peut le réutiliser qu’à hauteur de 10 %. Pour le réintroduire dans un cœur de réacteur, il faut l’enrichir plus que d’ordinaire. C’est un processus qui s’opère aujourd’hui en Russie, car la France ne dispose pas de la technologie. «Le site Eurodif, dans la Drôme, qui est l’usine d’enrichissement d’Areva, ne dispose pas d’une ligne de production spécifique pour permettre ce travail» explique Mycle Schneider, consultant international en matière d’énergie. Ainsi, Areva expédie une partie de l’uranium de retraitement à 8 000 kilomètres de la France, en Sibérie.

Les containers embarquent sur un bateau au Havre, jusqu’à Saint-Pétersbourg, puis sont chargés à bord d’un train pour être traités dans le complexe atomique de Tomsk-7. Une fois là-bas, l’uranium de retraitement est réenrichi, ce qui produit 10 % de matières réutilisables par EDF, et 90 % d’uranium très appauvri – que l’on appelle les queues d’uranium – qui deviennent la propriété de l’entreprise russe Tenex. C’est cet uranium qui est stocké sur de grands parkings à ciel ouvert. En l’état, il n’est guère dangereux… sauf si un avion venait à se crasher dessus. Cela disperserait les matières radioactives dans l’environnement.

Les industriels français du secteur, Areva et EDF, se défendent de laisser des déchets radioactifs aux Russes. Pour eux, cette matière appauvrie peut se réutiliser, elle est «valorisable». Et chez Borloo, à la direction de l’énergie et du climat, on décline les multiples usages qu’on pourrait en faire. «On peut l’associer à du plutonium et faire du MOX. Et quand les réacteurs de quatrième génération seront au point, en 2040 si tout se passe bien, on pourra la réutiliser», affirme-t-on. EDF considère en effet que cette dernière option «représente le potentiel de réutilisation le plus important, dans la mesure où les queues d’uranium constituent le combustible naturel de cette technologie». Rendez-vous donc en 2040.

Une vraie galère. Pour nombre d’experts et d’écologistes, l’utilisation de l’uranium appauvri stocké en Russie est improbable car cette matière s’apparente à une orange pressée deux fois : elle ne fournit plus guère de jus. «Théoriquement, on peut utiliser les queues pour fabriquer du combustible nucléaire, mais en pratique, les Russes ne le font pas, affirme Vladimir Tchouprov, chargé de campagne énergie de Greenpeace en Russie. Ce produit est polluant et il contient très peu d’uranium 235. C’est une vraie galère à utiliser. Pour nous, c’est un déchet ultime.» Pour les écologistes russes, Areva envoie en Russie des déchets qui n’ont aucune valeur marchande pour l’instant, et qui sont nocifs. «Les Français envoient des matières dont une partie faible, 10% environ, est effectivement réutilisée. Est-ce que ça vaut le coup ? De fait, ils abandonnent 90 % de leur matière chez nous» déplore l’écologiste russe.

«Le terme abandonner n’est pas approprié, rétorque Jacques-Emmanuel Saulnier, porte-parole d’Areva. La pratique internationale établie est la suivante : la matière enrichie revient au client [en l’occurrence EDF] et la matière appauvrie revient à l’enrichisseur. Mais il est vrai que la technologie peut s’améliorer. Pour l’heure, nous sommes technologiquement obligés de séparer les matières. Bientôt, nous pourrons nous en passer.»

Ce transfert de matières radioactives pose différentes questions : la sécurité de leur transport sur 8 000 km, la sécurité de leur stockage et l’efficacité du retraitement. En attendant d’hypothétiques sauts technologiques à venir, le cycle fermé du nucléaire français fuit donc en Russie. En toute opacité. »

Source : Liberation, Laure Noualhat
http://www.liberation.fr/economie/0101596550-nos-dechets-nucleaires-sont-caches-en-siberie

Cohn-Bendit & la société pollen

Vers «la société pollen»

«L’abeille représente une remarquable métaphore de ce que nous vivons aujourd’hui, car c’est la circulation des abeilles qui en fait la valeur. Dans cette perspective, une nouvelle écologie/économie politique s’intéressera surtout à la pollinisation qui représente entre 350 et 1000 fois plus que la valeur de l’économie marchande traditionnelle. Car l’économie s’est transformée aussi, au sens où les interactions sont devenues le cœur des activités. La plupart des choses se passent désormais dans la circulation – et non plus dans la production ou la consommation qui accompagne la production. La richesse d’une entreprise comme Google, par exemple, repose aujourd’hui moins sur ses 12000 employés et ses 300000 ordinateurs en batterie que sur le “travail” effectué par les 14 millions de personnes, qui à chaque seconde, viennent cliquer sur ses services en ligne et produisent ainsi du réseau. C’est cela le travail humain de pollinisation.

«De même, il y a quelques années que General Motors ne fait plus de profit en vendant des voitures, mais grâce aux crédits qu’elle propose à ses clients, en se payant sur les taux d’intérêt. Autrement dit, la voiture est devenue le by-product d’un crédit. Encore un exemple avec la distribution : l’essentiel des marges de Carrefour vient du crédit, et non pas de la marge prise sur les produits vendus ; le client paie en temps réel, mais Carrefour paye ses fournisseurs à quatre-vingt-dix jours. Pendant ce temps, le groupe peut rentabiliser ces sommes énormes sur les marchés financiers. L’économie matérielle est complètement contaminée par l’économie immatérielle.

«Mais l’exemple de Google ne me satisfait pas, car ce modèle économique est avant tout un aspirateur des subjectivités individuelles et des productions collectives au seul bénéfice d’une seule entreprise. Je préfère celui du logiciel libre qui est fondé sur le même principe de pollinisation mais, au lieu d’être accaparé par une seule entreprise, le produit, le logiciel, est au service de la collectivité. Il bénéficie des apports d’une multitude de programmeurs, d’utilisateurs qui, au final, aboutissent à des logiciels de meilleure qualité que des logiciels propriétaires. L’activité humaine dans une société complexe doit, tout comme la biosphère, se comprendre comme une pollinisation générale, résultant des multiples interactions créatrices de richesses. Il ne faut pas limiter la perspective à la seule production de miel vendue sur le marché. Le bourdon, par exemple, ne fait pas de miel, ne pique pas, ne sert apparemment qu’à effrayer les enfants ou les adultes un peu craintifs. Mais il pollinise aussi: il est indispensable au cycle de fécondation. À tel point que la pollinisation ne se fait plus dans les serres saturées de pesticides et de produits phytosanitaires. En somme, les bourdons sont un peu comme nos inactifs (chômeurs, retraités, étudiants) : leur production matérielle est proche de zéro, mais ils participent à la pollinisation, produisent du réseau, de l’information, du lien social. Je ne vais pas me risquer à filer la métaphore jusqu’à un modèle théorique complet, mais il me semble que la diffusion des idées, des innovations ou des mouvements artistiques et culturels, à certaines époques très fécondes de l’histoire de l’humanité, ressemble beaucoup à une pollinisation à l’échelle humaine.»

Nouvelle donne sociale

«Mais la nouvelle donne écologique est à mon sens impensable sans une nouvelle donne sociale. Les abeilles humaines doivent avoir les moyens d’accomplir leurs tâches de pollinisation. Ce qui suppose à terme de réfléchir à la mutation en profondeur de nos systèmes de protection sociale. Les pays européens se distinguent du reste du monde par leur attention à la justice sociale, au point qu’on parle souvent de l’existence d’un authentique modèle social européen. Ce modèle social doit évoluer vers une autre forme de redistribution, dissociée de la richesse produite par la production matérielle. Dans une société où l’essentiel de la richesse provient des activités immatérielles, j’estime qu’il devient primordial d’assurer une garantie d’existence à cette activité invisible, qui est à terme beaucoup plus productive écologiquement et économiquement que la production marchande. »

«Faut-il la penser comme un revenu d’existence ? A terme, peut-être. Le revenu d’existence correspond à la reconnaissance de ce principe fondamental d’organisation de la société en tant que collectivité. Et il rétribue la contribution de chacun à la pollinisation. Idéalement, il devrait donc être attribué de façon inconditionnelle et même être cumulatif avec l’exercice d’un travail rémunéré. Cela servirait de base à la mise en place d’une protection contre la pauvreté pour ceux qui n’ont pas d’emploi, et rétribuait la contribution sociale de ceux qui exercent une activité pollinisatrice non reconnue (domestique, comme élever des enfants, prendre soin de personnes âgées ou handicapées ; associative et bénévole, comme les multiples engagements qui irriguent la société civile, ou encore artistique), ainsi que pour ceux qui travaillent.»

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Que faire? Petit traité d’imagination politique à l’usage des européens. Collection TAPAGE Hachette Littératures. 179 pages, 14 euros.

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