Gerboise Bleue de Djamel Ouahab

J’ai eu la chance d’assister à la projection de Gerboise Bleue suivie d’un débat en présence du réalisateur Djamel Ouahab. Il s’agit selon moi d’un documentaire essentiel. Sa narration va droit au but, et les témoignages de vétérans ou d’habitants de la zone contaminée sont poignants. Le traumatisme induit par la bombe reste impalpable, indéfinissable du côté français comme du côté algérien, mais le film permet de flirter avec ce « point zéro » de la mémoire française et algérienne.

Le documentaire de Djamel Ouahab, « Gerboise Bleue », revient donc sur cet épisode assez méconnu de l’histoire contemporaine. Par le biais de témoignages d’anciens soldats, d’appelés et d’Algériens, il montre comment la France a procédé à ces essais sans avoir pris la peine de prévenir les militaires, les civils et les populations locales de la dangerosité des manœuvres. De plus, après son départ, l’armée française n’a procédé à aucune décontamination des sites et s’est contentée d’un enfouissement sommaire des matériels. Aujourd’hui, abandonnés à leur sort, les victimes françaises et algériennes des ces essais, qui pour beaucoup souffrent de lourdes pathologies, réclament reconnaissance et justice. L’Etat algérien, qui s’est peu préoccupé de ce problème jusque-là, voudrait que lui soient communiqués les documents utiles pour « comprendre ce qui s’est passé, connaître les sites contaminés et les circonscrire ». Mais l’Etat français continue de faire la sourde oreille. Il a décidé de classer secret-défense les archives relatives à ces essais et refuse de reconnaître une quelconque corrélation entre l’exposition aux radiations et l’apparition des maladies.

Source :
La Tele Libre

Essais Nucléaires Français en Algérie

Il y a de cela 48 ans, la France a procédé aux premiers essais nucléaires dans le Sahara algérien. Plus précisément, le 13 février 1960, la Ve République a procédé, sous la présidence du général de Gaulle, aux premiers essais nucléaires en Algérie. Reggane, In Ekker, Tamanrasset, Hamoudia et Tan Afella sont les sites algériens qui ont été «irradiés» par les bombes atomiques de février 1960 au mois de février 1966. Dix-sept essais ont été effectués durant six années. Six années d’essais, mais des dizaines d’années de souffrances.

A la veille de la célébration du 49e anniversaire de cette date noire de la présence française en Algérie, les retombées sont toujours vivaces. Les retombées tant sur le plan humain que politique. Pour le premier point, des humains, des prisonniers pour la plupart, sont utilisés comme cobayes. Aujourd’hui, 49 ans après l’apocalypse, les irradiations continuent leurs ravages. Des milliers d’enfants sont condamnés à vivre avec des malformations congénitales, alors que d’autres seront stériles à jamais. Le nombre d’Algériens atteints de maladies diverses à cause de ces essais nucléaires n’a pas été établi. Une chose néanmoins est sûre: le nombre ne cesse d’augmenter, sous silence. Cela est dû, notamment, à l’absence de dépistage et d’archives sanitaires. Les effets néfastes de ces essais n’ont pas touché seulement les habitants des sites concernés, mais, également, la population limitrophe de cette zone. Toutefois, Mohammed Abdelhak Bendjebbar, président de l’Association des victimes des essais nucléaires, avait estimé, dans une de ses sorties médiatiques, le nombre des victimes algériennes de ces essais nucléaires à 30.000.

Pour en savoir plus, je vous recommande de regarder les films documentaires Vent de Sable de Larbi Benchiha et Gerboise Bleue de Djamel Ouahab.

Source :

http://www.lexpressiondz.com