Stockage des déchets nucléaires

Un petit portfolio sur le monde, quelques photos pour illustrer le stockage des déchets nucléaires « faiblement » radioactifs dans l’Aude.

Il s’agit du stockage dit « de surface ».

Pour ceux que les poubelles radioactives intéressent, c’est à voir ici :

http://www.lemonde.fr/

« Le problème, c’est le cumul des faibles doses, dénonce de son côté Michel Guéritte (…) J’ai fait des comptages dans la région, en questionnant des médecins, infirmiers et pharmaciens, et j’ai trouvé un nombre anormal de cancers de la thyroïde, souvent engendrés par des irradiations. »

« Ces éléments posent problème car leur durée de vie dépasse largement les 300 ans, rétorque Mylène Josset. Et surtout, leur désintégration produit d’autres éléments dans le temps, comme des émetteurs alpha, très radiotoxiques et à la période radioactive très longue. » Pour l’ACRO, la banalisation du site est donc tout simplement impossible : « Dans 300 ans, les niveaux de radioactivité du site seront encore 100 000 fois plus importants que la radioactivité naturelle. La surveillance devra donc perdurer des milliers d’années. »

Le train de déchets nucléaires bloqué (Ganva)

Bonne nouvelle, le train de déchets nucléaires est bloqué à Caen, la résistance pacifiste est présente !
Il faut bien fêter comme il se doit cet événement historique, puisqu’il s’agit du train le plus radioactif de l’histoire

Une petite vidéo du train radioactif :

Edit : selon Liberation il s’agirait du collectif non violent « Ganva » groupe d’actions non-violentes antinucléaires.
Bravo les amis !!

Le fiasco de la Hague

Un article du monde paru récemment met en lumière la mauvaise gestion des déchets nucléaires sur le site de la Hague. Un article de Pierre Le Hir.

Dans l’industrie nucléaire, l’héritage du passé est souvent encombrant. Areva doit faire face à un stock de 25 000 m3 de déchets radioactifs anciens, issus de la première usine de retraitement du site de laHague (Manche) et entreposés dans des installations vétustes. Une situation qui provoque la colère de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Celle-ci « s’inquiète de retards pris dans les projets de reprise et d’évacuation ». Et « va prescrire un calendrier contraignant de reprise et de traitement ».
(…)
En France, les déchets nucléaires à vie longue, comme ceux à haute activité, sont toujours en attente d’un stockage définitif. Ce devrait être près de Bure (Meuse), dans une couche d’argile profonde de 500 mètres. Cette solution finale, contestée par les écologistes et une partie des riverains, n’est prévue, au mieux, qu’en 2025.

Lire la suite sur le site du Monde ici

Polémique sur les déchets nucléaires (arrêté interministériel)

Des déchets nucléaires droit dans le mur

«C’est irresponsable, criminel.» Roland Desbordes, le président de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), ne mâche pas ses mots. Objet de son ire : un arrêté interministériel, paru au Journal officiel le 14 mai 2009 qui, selon la Criirad, ouvre une dérogation à l’interdiction, inscrite dans le code de santé publique depuis 2002, d’utiliser ou d’ajouter des substances radioactives dans les matériaux de construction et biens de consommation.

En bref, les industriels peuvent désormais écouler leurs déchets radioactifs en les mixant à d’autres matériaux et en faire des gravats ou du ciment. «La porte ouverte à l’éparpillement de la pollution radioactive», s’inquiète Desbordes, et un risque pour la santé publique : «Inclure des substances, même faiblement radioactives, dans la nature, c’est accroître le risque de cancers».

L’enjeu est énorme. «Le code de la santé publique interdisait aux déchets de l’industrie nucléaire de sortir de la filière. L’arrêté change la donne. Aujourd’hui, seuls 10% des déchets, les plus radioactifs, sont enfouis en centres de stockage spécialisés et cela coûte cher à l’industriel. Le reste est entreposé, parfois en pleine nature, protégé par un simple grillage», poursuit le président de la Criirad. Il cite l’exemple d’une fonderie de la Loire qui envisageait d’utiliser des fûts ayant contenu des produits irradiés pour les mélanger avec d’autres ferrailles et fabriquer de la robinetterie. Le tribunal administratif a mis son veto. «On est aussi à l’aube du démantèlement des vieilles centrales nucléaires, note Roland Desbordes, soit des millions de tonnes de gravats dont les exploitants préféreront se débarrasser plutôt que de payer pour les stocker !»

Lire la suite sur Liberation :
http://www.liberation.fr/terre/0101618197-des-dechets-nucleaires-droit-dans-le-mur

Le Figaro déchets nucléaires

Le quotidien Libération a mené une enquête sur le traitement des déchets nucléaires produits par les centrales nucléaires françaises d’EDF et le constat semble sans appel. Le journal a publié une partie de l’enquête d’Eric Guéret et de Laure Noualhat qui diffusée mardi soir sur Arte. « 13% des déchets radioactifs français produits par EDF se retrouvent en plein air en Sibérie dans une ville interdite d’accès ». Une partie des déchets français n’est en effet pas recyclée mais entreposée en Russie.

Lire la suite sur le site du Figaro

Libération : Nos déchets nucléaires sont cachés en Sibérie

« Diffusé demain soir sur Arte, le documentaire d’Eric Guéret et de notre journaliste Laure Noualhat montre que certains rebuts radioactifs français, loin d’être recyclés, sont abandonnés en Russie.

Depuis des années, l’industrie nucléaire se présente comme une industrie recyclable où, nous affirme-t-on, 96% des matières radioactives sont réutilisables. Un chiffre à faire pâlir d’envie les industries les plus polluantes. La filière nucléaire fait ainsi figure d’industrie propre, recyclable, fonctionnant en circuit quasi fermé et qui, de surcroît, assure l’indépendance énergétique de la France. La réalité est un poil différente. Et le beau circuit du nucléaire connaît en fait de grosses fuites. Aujourd’hui, c’est près de 13 % des matières radioactives produites par notre parc nucléaire qui dorment quelque part au fin fond de la Sibérie. Précisément dans le complexe atomique de Tomsk-7, une ville secrète de 30 000 habitants, interdite aux journalistes. Là-bas, chaque année, depuis le milieu des années 1990, 108 tonnes d’uranium appauvri issues des centrales françaises viennent, dans des containers, se ranger sur un grand parking à ciel ouvert.

Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Pour le comprendre, il faut remonter la filière du retraitement nucléaire français. Au cours de la réaction en chaîne, le combustible, constitué principalement de barres d’uranium, produit un peu de plutonium, mais aussi des «déchets ultimes». L’exploitant EDF paie donc l’industriel Areva pour retraiter le combustible usé de ses centrales à l’usine de La Hague, dans la Manche (lire page 4). Là-bas, on isole les déchets ultimes dont on ne peut rien faire (4 % des volumes), puis le plutonium (1%) et l’uranium de retraitement (les 95% restants). L’industriel Areva assure que le plutonium et l’uranium de retraitement sont réutilisables, ce qui représente le fameux taux de recyclage à 96%. Dans les faits, c’est plus compliqué.

En bateau, en train. Le plutonium est effectivement réinjecté dans le cycle du combustible, mais à des taux très faibles. En l’associant à de l’uranium appauvri, on obtient un nouveau combustible, le MOX (abréviation de «mélange d’oxydes»), qui alimente, en partie, 22 des 58 réacteurs français. Quant à l’uranium de retraitement, on ne peut le réutiliser qu’à hauteur de 10 %. Pour le réintroduire dans un cœur de réacteur, il faut l’enrichir plus que d’ordinaire. C’est un processus qui s’opère aujourd’hui en Russie, car la France ne dispose pas de la technologie. «Le site Eurodif, dans la Drôme, qui est l’usine d’enrichissement d’Areva, ne dispose pas d’une ligne de production spécifique pour permettre ce travail» explique Mycle Schneider, consultant international en matière d’énergie. Ainsi, Areva expédie une partie de l’uranium de retraitement à 8 000 kilomètres de la France, en Sibérie.

Les containers embarquent sur un bateau au Havre, jusqu’à Saint-Pétersbourg, puis sont chargés à bord d’un train pour être traités dans le complexe atomique de Tomsk-7. Une fois là-bas, l’uranium de retraitement est réenrichi, ce qui produit 10 % de matières réutilisables par EDF, et 90 % d’uranium très appauvri – que l’on appelle les queues d’uranium – qui deviennent la propriété de l’entreprise russe Tenex. C’est cet uranium qui est stocké sur de grands parkings à ciel ouvert. En l’état, il n’est guère dangereux… sauf si un avion venait à se crasher dessus. Cela disperserait les matières radioactives dans l’environnement.

Les industriels français du secteur, Areva et EDF, se défendent de laisser des déchets radioactifs aux Russes. Pour eux, cette matière appauvrie peut se réutiliser, elle est «valorisable». Et chez Borloo, à la direction de l’énergie et du climat, on décline les multiples usages qu’on pourrait en faire. «On peut l’associer à du plutonium et faire du MOX. Et quand les réacteurs de quatrième génération seront au point, en 2040 si tout se passe bien, on pourra la réutiliser», affirme-t-on. EDF considère en effet que cette dernière option «représente le potentiel de réutilisation le plus important, dans la mesure où les queues d’uranium constituent le combustible naturel de cette technologie». Rendez-vous donc en 2040.

Une vraie galère. Pour nombre d’experts et d’écologistes, l’utilisation de l’uranium appauvri stocké en Russie est improbable car cette matière s’apparente à une orange pressée deux fois : elle ne fournit plus guère de jus. «Théoriquement, on peut utiliser les queues pour fabriquer du combustible nucléaire, mais en pratique, les Russes ne le font pas, affirme Vladimir Tchouprov, chargé de campagne énergie de Greenpeace en Russie. Ce produit est polluant et il contient très peu d’uranium 235. C’est une vraie galère à utiliser. Pour nous, c’est un déchet ultime.» Pour les écologistes russes, Areva envoie en Russie des déchets qui n’ont aucune valeur marchande pour l’instant, et qui sont nocifs. «Les Français envoient des matières dont une partie faible, 10% environ, est effectivement réutilisée. Est-ce que ça vaut le coup ? De fait, ils abandonnent 90 % de leur matière chez nous» déplore l’écologiste russe.

«Le terme abandonner n’est pas approprié, rétorque Jacques-Emmanuel Saulnier, porte-parole d’Areva. La pratique internationale établie est la suivante : la matière enrichie revient au client [en l’occurrence EDF] et la matière appauvrie revient à l’enrichisseur. Mais il est vrai que la technologie peut s’améliorer. Pour l’heure, nous sommes technologiquement obligés de séparer les matières. Bientôt, nous pourrons nous en passer.»

Ce transfert de matières radioactives pose différentes questions : la sécurité de leur transport sur 8 000 km, la sécurité de leur stockage et l’efficacité du retraitement. En attendant d’hypothétiques sauts technologiques à venir, le cycle fermé du nucléaire français fuit donc en Russie. En toute opacité. »

Source : Liberation, Laure Noualhat
http://www.liberation.fr/economie/0101596550-nos-dechets-nucleaires-sont-caches-en-siberie