Rockfarmers

Le documentaire de Yan Sourigues « Rockfarmers » raconte le « Pourquoi » devenir musiciens/ paysans professionnels et le « Comment » mettre en application des convictions sur une économie locale tournée vers le monde et les autres.

Vent de Sable Larbi Benchiha

Vent de Sable « Le Sahara des essais nucléaires » (58 mn)
Un film de Larbi Benchiha
Production 24 images et Farid Rezkallah, France 3 Corse.

Larbi Benchiha :

« Je n’ai appris l’existence de ce fragment d’histoire qu’il y a quelques années, en lisant un journal qui consacrait un article à la publication d’un livre de l’historien Bruno Barrillot. Presque par hasard. Le premier essai a eu lieu il y a bientôt cinquante ans. Mais en Algérie, personne dans ma famille, dans mon village, n’a entendu parler de cet épisode de notre histoire. Si la puissance des explosions a causé des déplacements tectoniques, voire des séismes, elle a aussi altéré l’architecture des fougaras (système ancestral d’irrigation souterraine), la propagation des particules radioactives a souillé pour longtemps la région. Les deux sites où ont eu lieu les essais ont été laissés à l’abandon et sans véritable surveillance. Lors d’un voyage de repérage en février 2007, je me suis personnellement rendu à In Eker, à deux cents mètres du point zéro. Les mesures effectuées révèlent une forte radioactivité de la roche et du matériel laissé sur place. Aujourd’hui, en Algérie, les nomades touareg continuent à récupérer de la ferraille et des objets irradiés qu’ils utilisent pour des besoins divers, de même que leurs troupeaux continuent de brouter l’herbe de la région. Depuis cinquante ans, aucune étude épidémiologique n’a été réalisée sur les effets et les retombées des essais sur les habitants et la flore du plateau hoggarien. Quant aux Français, s’ils connaissent bien l’histoire des essais nucléaires de la France en Polynésie, dans le Pacifique, la plupart ignore encore que la première bombe atomique de leur pays a explosé dans le Sahara. Les vétérans et les témoins de l’époque que j’ai retrouvés aussi bien en France qu’en Algérie sont tous disposés à témoigner et à mettre à ma disposition leurs souvenirs personnels (photographies, films tournés en 8mm, objets divers…). La plupart de ces documents sont des images inédites et de grande valeur visuelle, mais surtout, elles traduisent un point de vue nouveau, contrastant avec les images filmées par les militaires et traduisant le point de vue officiel, celui de l’armée. Réaliser ce film est pour moi un besoin intime. Je veux participer à ce devoir de mémoire envers mes deux pays et mes concitoyens. Avec ce film, je transmettrai la parole de ces hommes qui se confient devant une caméra pour la première fois depuis 1960. Grâce à eux, je souhaite rendre compte de ce pan oublié de l’histoire de la France et de l’Algérie. »

En savoir plus :
http://karimsarroub.blogs.nouvelobs.com

Essais Nucléaires Français en Algérie

Il y a de cela 48 ans, la France a procédé aux premiers essais nucléaires dans le Sahara algérien. Plus précisément, le 13 février 1960, la Ve République a procédé, sous la présidence du général de Gaulle, aux premiers essais nucléaires en Algérie. Reggane, In Ekker, Tamanrasset, Hamoudia et Tan Afella sont les sites algériens qui ont été «irradiés» par les bombes atomiques de février 1960 au mois de février 1966. Dix-sept essais ont été effectués durant six années. Six années d’essais, mais des dizaines d’années de souffrances.

A la veille de la célébration du 49e anniversaire de cette date noire de la présence française en Algérie, les retombées sont toujours vivaces. Les retombées tant sur le plan humain que politique. Pour le premier point, des humains, des prisonniers pour la plupart, sont utilisés comme cobayes. Aujourd’hui, 49 ans après l’apocalypse, les irradiations continuent leurs ravages. Des milliers d’enfants sont condamnés à vivre avec des malformations congénitales, alors que d’autres seront stériles à jamais. Le nombre d’Algériens atteints de maladies diverses à cause de ces essais nucléaires n’a pas été établi. Une chose néanmoins est sûre: le nombre ne cesse d’augmenter, sous silence. Cela est dû, notamment, à l’absence de dépistage et d’archives sanitaires. Les effets néfastes de ces essais n’ont pas touché seulement les habitants des sites concernés, mais, également, la population limitrophe de cette zone. Toutefois, Mohammed Abdelhak Bendjebbar, président de l’Association des victimes des essais nucléaires, avait estimé, dans une de ses sorties médiatiques, le nombre des victimes algériennes de ces essais nucléaires à 30.000.

Pour en savoir plus, je vous recommande de regarder les films documentaires Vent de Sable de Larbi Benchiha et Gerboise Bleue de Djamel Ouahab.

Source :

http://www.lexpressiondz.com