La dépression du cochon

Rien de tel qu’une petite grippe porcine pour se sentir exister. Les médias ont du grain à moudre, les financiers une raison tangible de désespérer, et les laboratoires pharmaceutiques se frottent les mains. Nous avons trouvé une raison à notre dépression !! Elle vient du porc, ce pauvre animal rose avec sa queue en tire-bouchon. L’abominable verrat que l’on nourrit aux granules pétrochimiques et aux antibiotiques de toute sorte revient nous filer une petite frousse. Bien plus flippante que les quelques nitrates laissés en quantité dans les nappes phréatiques un peu partout en France.
Les échanges se grippent, se contractent, le PIB mondial aussi.
Et les cours du porc ? deja en chute de 7% depuis le début de la semaine ; nicolas, nicolas va vite aider ces pauvres petits producteurs de porc qui font si bien vivre nos campagnes verdoyantes et fertiles. Oh nicolas mon ami, l’ami de tous, parle tel l’oracle, et rassure nous, pauvres porcs. Nos médias et leurs valeureux sondages te prédisent deja président pendant centsept ans alors je crois en toi, protège-nous avec tes EPR. Toi seul seras capable de terrasser les cochons avec ton réacteur à eau pressurisée radioactive. Avec toi la France est à l’abri.

En bon Gandhi Vert qui se respecte, je ne peux ni pleurer, ni me réjouir, je me contenterai donc d’observer le spectacle abject d’un monde qui se met en scène de manière abjecte.

Croissance : Le fait de croître, de grandir ?

L’organisation humaine actuelle, que l’on peut aussi appeler le “système capitaliste”, ou “l’idéologie dominante” – peu importe – est un écueil. Et cette parole n’est plus uniquement professée par des idéologues communistes ou des étudiants rebelles. C’est devenu une pensée ordinaire, presque banale, mais que l’on ne prononce pas ou sans vraiment articuler.

Car il ne s’agit plus d’être idéologue ou prophète pour observer les conséquences actuelles du développement de nos ancêtres. Elles sont présentes, évidentes, tous les jours ; il y a le réchauffement climatique évidemment, les terres irrémédiablement contaminées, une érosion de plus en plus dramatique de la biodiversité, etc. passons.
Plus personne ne nie les conséquences de l’action humaine (pour son environnement et donc pour elle-même). Pourtant la valse continue. La notion de croissance est toujours employée à tort et à travers, comme référence suprême (mais jusqu’où allons nous croître ?).

Pour le produit intérieur brut, pollution plus réparation est toujours égale à un double progrès.
Je prends un exemple : Total nous pond une marrée noire, la réparation de cette pollution va générer de l’emploi et donc de la croissance, donc finalement, ce n’est pas plus mal.

Et pendant ce temps, pendant que l’on se dit que ce n’est pas plus mal, que de toute façon l’on ne peut pas faire autrement, la destruction s’accélère, la situation empire.
L’être humain est devenu une sorte de toxicomane qui se répète inlassablement que tant qu’il a trois sous dans la poche, il peut s’acheter un peu de crack, et que finalement, c’est tout ce qui compte.

La théorie du “libéralisme”, de la “main invisible” qui guiderai naturellement l’évolution économique vers le progrès de tous, nous n’y croyons plus aujourd’hui, pourtant nous agissons précisément comme si nous y croyons encore.

Alors, la question : quand est-ce que le peuple va-t-il cesser de travailler, maintenant qu’il sait que le fruit de son travail coûte cher à l’espèce humaine? Que son action sur cette terre n’a d’autre sens de saborder l’environnement ?
Jusqu’à quand allons-nous nous faire croire que le salarié d’Areva produit des richesses ? Que celui de Total est utile ? Que l‘agriculteur qui sème des OGM n’est pas un nuisible ? Tout ces gens commettent des “petits” crimes contre l’humanité, différés dans le temps, dilués dans la masse. Cette masse que l’on appelle “croissance”.