Le grenelle des lobbies

Un tres bon article du monde, qui explique que le grenelle 2 est un cadeau fait au Lobbies.

La loi Grenelle 2, dont les derniers articles ont été adoptés devant 70 députés, enterre non seulement les ambitions écologiques et sociétales du Grenelle mais également les ambitions de la réforme constitutionnelle qui devait redonner au Parlement ses lettres de noblesse. Ce qui s’est passé ici est une atteinte aux fonctions démocratiques que l’on est en droit d’attendre de nos institutions représentatives. Cela donne un avant-goût de plus d’un système parlementaire « à l’américaine » où les décisions se construisent à la mesure des rapports de forces créés par les groupes d’intérêt, en fonction de leur capacité économique et financière. En effet, tant au niveau des éoliennes qu’au niveau des pesticides, ce vote montre, en plein jour, comment la société civile et ses souhaits ont été sacrifiés aux appétits des industriels de tous poils.
S’il ne fallait qu’un exemple pour s’en convaincre, regardons les nouvelles mesures proprement hallucinantes introduites en matière d’interdiction des pesticides dangereux dans l’article 36 bis A. Les mesures écrites par les faiseurs de chimie et portées à travers des amendements de députés semble-t-il convaincus, ne permettent plus d’interdire l’usage d’un pesticide uniquement sur des critères sanitaires ou environnementaux. Une évaluation socio-économique supplémentaire sera maintenant nécessaire. Autrement dit, même si un pesticide est reconnu dangereux, il faudra voir si son retrait ne pose pas des problèmes aux firmes qui en tirent profit, aux marchands (coopérateurs et privés) qui le commercialisent et aux agriculteurs qui l’utilisent. Comment justifier une telle mesure par l’intérêt général ? Impossible ! Mais pourquoi ne pas profiter du signal clair de recul sur l’environnement souhaité par la FNSEA et l’UIPP, donné par Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture, en disant que « l’environnement ça commence à bien faire » et qu' »il faudra évaluer l’impact économique et social des mesures environnementales » ?

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Quand l’état subventionne la voiture polluante

Mesure phare de cette mascarade que fut le Grenelle de l’environnement, le bonus-malus va nous coûter 200 millions d’euros. Il est vrai que c’était l’urgence climatique numéro un de subventionner la voiture… Merci et bravo les amis de vous occuper à merveille de notre argent.

Rappelons d’autre part que le thermomètre du bonus malus n’est pas forcement des plus judicieux : les voitures diesel étant mises en avant par ce système (basé sur le rejet de CO2) alors qu’elles sont très polluantes pour l’homme (mercure, particules fines, etc.).

« Victime de son succès. Le système du bonus-malus mis en place en janvier 2008 risque de coûter cher à l’Etat, rapporte jeudi le quotidien «Les Echos». Alors que les ventes de petites voitures ont augmenté de 15% sur les cinq premiers mois de l’année, celles des grosses cylindrées ont reculé dans le même temps de 27%. Conçu pour ne pas peser sur les finances publiques, le bonus-malus devrait ainsi coûter 200 millions d’euros à l’Etat, selon les estimations du ministère des Finances. »

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Source : les Echos