Croissance : Le fait de croître, de grandir ?

L’organisation humaine actuelle, que l’on peut aussi appeler le “système capitaliste”, ou “l’idéologie dominante” – peu importe – est un écueil. Et cette parole n’est plus uniquement professée par des idéologues communistes ou des étudiants rebelles. C’est devenu une pensée ordinaire, presque banale, mais que l’on ne prononce pas ou sans vraiment articuler.

Car il ne s’agit plus d’être idéologue ou prophète pour observer les conséquences actuelles du développement de nos ancêtres. Elles sont présentes, évidentes, tous les jours ; il y a le réchauffement climatique évidemment, les terres irrémédiablement contaminées, une érosion de plus en plus dramatique de la biodiversité, etc. passons.
Plus personne ne nie les conséquences de l’action humaine (pour son environnement et donc pour elle-même). Pourtant la valse continue. La notion de croissance est toujours employée à tort et à travers, comme référence suprême (mais jusqu’où allons nous croître ?).

Pour le produit intérieur brut, pollution plus réparation est toujours égale à un double progrès.
Je prends un exemple : Total nous pond une marrée noire, la réparation de cette pollution va générer de l’emploi et donc de la croissance, donc finalement, ce n’est pas plus mal.

Et pendant ce temps, pendant que l’on se dit que ce n’est pas plus mal, que de toute façon l’on ne peut pas faire autrement, la destruction s’accélère, la situation empire.
L’être humain est devenu une sorte de toxicomane qui se répète inlassablement que tant qu’il a trois sous dans la poche, il peut s’acheter un peu de crack, et que finalement, c’est tout ce qui compte.

La théorie du “libéralisme”, de la “main invisible” qui guiderai naturellement l’évolution économique vers le progrès de tous, nous n’y croyons plus aujourd’hui, pourtant nous agissons précisément comme si nous y croyons encore.

Alors, la question : quand est-ce que le peuple va-t-il cesser de travailler, maintenant qu’il sait que le fruit de son travail coûte cher à l’espèce humaine? Que son action sur cette terre n’a d’autre sens de saborder l’environnement ?
Jusqu’à quand allons-nous nous faire croire que le salarié d’Areva produit des richesses ? Que celui de Total est utile ? Que l‘agriculteur qui sème des OGM n’est pas un nuisible ? Tout ces gens commettent des “petits” crimes contre l’humanité, différés dans le temps, dilués dans la masse. Cette masse que l’on appelle “croissance”.

Le coût de la pollution en vies et en euros

La Chine censure un rapport de la banque mondiale faisant état de 750 000 décès potentiels dûs à la pollution en 2006, afin d’éviter des « émeutes » et autres « troubles sociaux ».

Selon Liberation:
« Dans la partie manquante de l’avant-projet, les estimations font apparaître que la pollution de l’air des villes chinoises provoque la mort prématurée de 350 000 à 400 000 personnes chaque année. 300 000 autres mourraient en raison de la mauvaise qualité de l’air à l’intérieur des bâtiments, comprendre l’enceinte des ateliers et des usines. Dans les campagnes, la mauvaise qualité de l’eau entraînerait 60 000 décès évitables. »
(…)
« En 2006, «année la plus noire pour l’environnement», elle a reconnu 161 incidents majeurs de pollution, et aussi que les objectifs fixés pour réduire les émissions de substances polluantes «n’avaient pas été atteints». Elle ne conteste pas non plus que 16 des 20 villes les plus polluées du monde se trouvent à l’intérieur de ses frontières, comme annoncé dans un précédent rapport de la Banque mondiale. »

La Chine appliquant notre modèle de développement occidental « dans les règles de l’art », est extrêmement touchée par la pollution, et va probablement devoir rapidement revoir ce développement sans freins qui devient finalement un vrai frein à la sacro-sainte croissance.

Enfin n’oublions pas qu’en France la situation n’est pas glorieuse, ainsi selon une étude de l’OMS parue en juin 1999, 17 600 personnes par an seraient victimes de la pollution atmosphérique. En plus des allergies, bronchites, et autres maladies respiratoires chroniques directement imputables à la pollution. Rappelons enfin que tout cela a un coût pour nous tous, estimé par l’OMS à 40 milliards d’euros (soit 370 euros par habitants).

Sources:
http://www.liberation.fr

Coûts externes de la santé imputables à la pollution de l’air par les transports (étude trilatérale
de l’Autriche, de la France et de la Suisse)