Les stations de sport d’hiver font partie des industries les plus touchées par le réchauffement climatique. Ces dernières préfèrent cependant la fuite en avant à la réflexion sur le long terme.
« Les canons à neige » ou « Enneigeurs » (La Neige… quand y en a plus y en a encore ! )
La neige fond qu’à cela ne tienne, sortons les canon à neige, seulement voilà, cette neige ne peut pas être « écologique ».
Le problème le plus grave vient de la perturbation de l’évolution naturelle de l’eau.
Car les canons à neige consomment une quantité impressionnante d’eau (L’Agence de bassin Rhône-Méditerranée-Corse a fait le calcul : 10 millions de mètres cubes d’eau sont consommés par an pour alimenter les canons à neige, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de plus de 170 000 habitants).
De l’eau douce prélevée au « robinet » (entendez de l’eau destinée à l’alimentation humaine) et de l’eau de source prélevée sur place.
Comme nous le savons tous l’eau est un élément fondamental à tout éco système. Or pour alimenter des canons à neige de plus en plus nombreux, (j’ai été surpris de découvrir qu’ils peuvent désormais être placés de façon fixe comme des lampadaires tout le long d’une piste) il convient d’emprisonner l’eau dans les bassins de rétention d’eau de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes. Qui perturbent grandement l’écoulement naturel de cet élément vital. L’eau est arrachée à la montagne et à sa riche biodiversité.
D’autre part l’eau est l’élément du vivant par excellence. Lorsqu’elle est maltraitée, par le cycle bassin de rétention (cuve de canons à neige, traitement et enfin projection) l’eau n’est plus du tout dans le même état au début qu’à la fin : elle peut être traitée, polluée, par le dangereux additif Snomax par exemple ou simplement avoir développé des bactéries nuisibles. Alors que justement la montagne purifiait habituellement l’eau.
Ce type de pollution est d’ailleurs de plus en plus souvent à l’origine de conflits entre communes, (les unes accusant les autres de la responsabilité de cette pollution de l’eau).
Il faut savoir qu’en France, il n’existe pas de législation relative à l’utilisation d’additif pour la fabrication de la neige.
Second problème de taille, l’énergie.
Les canons à neige sont de véritables gouffres énergétiques (25 000 kWh utilisés chaque année par hectare de piste) cf – http://france.mountainwilderness.org
Et voilà comment on se retrouve à skier sur de la neige produite à partir d’énergie nucléaire…
Troisième problème, la destruction de la montagne.
L’utilisation de canons à neige permet même de produire de nouvelles pistes !
Chaque été la montagne se transforme en véritable chantier, avec engin et tractopelle afin de construire des pistes nouvelles, ou de les rendre plus larges et plus régulières. Au détriment du paysage d’une part (destruction des forêts de pins) et bien sûr de la biodiversité.
Enfin, les stations se sont tellement enrichies, qu’elles dament systématiquement toutes les pistes à l’aide d’engins énergivores et polluants. Les déplacements de personnel ne se font plus en ski à l’ancienne, mais en scooter des neiges…
Voilà pourquoi je ne veux plus payer un forfait 25 euros, et donner de l’ argent à des individus qui ne respectent rien, d’indignes représentants d’un patrimoine inestimable.
Cette situation m’est douloureuse car j’ai pu voir ces nuisances se développer lentement mais surement depuis une vingtaine d’années, sans que personne ne proteste ni ne remette en cause la direction prise.
La seule solution pour l’instant, faire circuler l’information, et boycotter massivement les stations de ski.
Pour ma part, j’ai lâché mon snow au bénéfice d’une paire de raquettes, et croyez moi je ne le regrette pas une seconde 😉
En savoir plus :
http://www.fne.asso.fr/PA/montagne/dos/neige-culture.pdf
http://france.mountainwilderness.org/download/document/TAPCanons.pdf
Pour en savoir plus sur le Snomax
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1497.php
