La crise pétrolière, Corinne Lepage

Corinne Lepage (chronique sur France culture, lundi 2 juin) nous offre un point de vue inactuel sur la crise pétrolière.

« Il serait intéressant de savoir si les brevets des solutions alternatives ne seraient pas par hasard bloqués par des sociétés pétrolières ou des Etats pétroliers ? »
(…)
« Malheureusement, et comme après le premier choc pétrolier, nous risquons de laisser passer le train de la transformation indispensable à notre survie, en laissant les amis du pétrole gagner deux fois contre le reste du monde. »
(…)
« Jamais l’humanité n’a disposé de moyens d’une telle ampleur pour répondre à la crise systémique que nous vivons ; encore faut-il qu’ils soient alloués aux secteurs économiques du futur et non du passé, que l’Etat permette aux citoyens de supporter le choc et que collectivement a minima l’Europe défende ses intérêts et ceux des européens dans la grande bagarre de la géostratégie du pétrole qui se joue sous nos yeux »

(Article complet Corinne Lepage Le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt)

Vive la fin du pétrole… et Serge Gainsbourg !

Vive la fin du pétrole... et Serge Gainsbourg

La hausse spectaculaire du pétrole provoque une agitation médiatique et syndicale importante. Il en résulte que tout le monde semble mécontent, en colère.

Et si la hausse des produits pétroliers et des matières premières était une chance ? Celle de pouvoir vivre mieux, et même de pouvoir continuer d’exister tout en s’amusant ?

L’utilisation du pétrole a incontestablement représenté un progrès pour les êtres humains.

Mais avec les pollutions diverses le réchauffement climatique et les mauvais comportements, ce progrès semble s’être transformé en véritable cauchemar.

En 1968 Gainsbourg chantait “Ford Mustang” et “Torrey Canyon” (sur l’album Initials B.B.), la voiture représentait la liberté. La consommation, par sa délicieuse légèreté, et le pétrole étaient “cool”, “in”.

Quarante ans plus tard, la voiture en ville représente l’ultime attribut du beauf, le pétrole est maudit, il nous file entre les doigts “salauds d’chinois”. Il y a des radars sur les routes, et des points de permis.

Il est bien loin le charme de la Ford Mustang !

Quant aux revendications, soyons sérieux, comment être solidaire avec les pêcheurs qui veulent achever les derniers bancs de poissons de l’océan ?

Comment être solidaire du routier et de l’automobiliste alors qu’ils empoisonnent et estropient une bonne partie de la population ?

Comment être solidaire avec les agriculteurs qui veulent payer moins cher les pesticides et engrais chimiques qui polluent notre sang et nos rivières ?

Le pétrole c’est fini les amis, vous êtes “out”.

Vous faites partie de l’arrière garde, et ce n’est pas l’argent public qui va vous renflouer, car “les caisses sont vides” et pour le coup ça tombe plutôt bien !

 

Ford Mustang (Serge Gainsbourg) 1968

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

Un essuie-glace

Un paquet d’cool

Un badge avec inscrit d’ssus keep cool

Un’ barr’ de chocolat

Un coca-cola

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

Une bouteille de fluide

Make up

Un flash, un browning

Et un pick up

Un recueil d’Edgard Poe

Un briquet zippo

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

Un numéro de Superman

Un écrou de chez Paco Rabanne

Un’ photo d’Marilyn

Un tub’ d’aspirine

On s’fait des langues

En Ford Mustang

Et bang on embrasse les platanes

« Mus » à gauche, tang à droite

Et à gauche à droite

 

 

Torrey Canyon (Serge Gainsbourg) 1968

Je suis né

Dans les chantiers japonais

En vérité, j’appartiens

Aux Américains

Une filiale

D’une compagnie navale

Dont j’ai oublié l’adresse

À Los Angeles

Cent vingt mille tonnes de pétrole brut,

Cent vingt mille tonnes

Dans le Torrey Canyon

Aux Bermudes

À 30 degrés de latitude

Se tient la Barracuda Tankers Corporation

Son patron

M’a donné en location

À l’union Oil company

De Californie

Cent vingt mille tonnes de pétrole brut

Cent vingt mille tonnes

Dans le Torrey Canyon

Si je bats

Pavillon du Liberia

Le cap’tain et les marins

Sont tous italiens

Le mazout,

Dont on m’a rempli les soutes,

C’est celui du Consortium

British Petroleum

Cent vingt mille tonnes espèces de brutes

Cent vingt mille tonnes

Dans le Torrey Canyon