
La hausse spectaculaire du pétrole provoque une agitation médiatique et syndicale importante. Il en résulte que tout le monde semble mécontent, en colère.
Et si la hausse des produits pétroliers et des matières premières était une chance ? Celle de pouvoir vivre mieux, et même de pouvoir continuer d’exister tout en s’amusant ?
L’utilisation du pétrole a incontestablement représenté un progrès pour les êtres humains.
Mais avec les pollutions diverses le réchauffement climatique et les mauvais comportements, ce progrès semble s’être transformé en véritable cauchemar.
En 1968 Gainsbourg chantait “Ford Mustang” et “Torrey Canyon” (sur l’album Initials B.B.), la voiture représentait la liberté. La consommation, par sa délicieuse légèreté, et le pétrole étaient “cool”, “in”.
Quarante ans plus tard, la voiture en ville représente l’ultime attribut du beauf, le pétrole est maudit, il nous file entre les doigts “salauds d’chinois”. Il y a des radars sur les routes, et des points de permis.
Il est bien loin le charme de la Ford Mustang !
Quant aux revendications, soyons sérieux, comment être solidaire avec les pêcheurs qui veulent achever les derniers bancs de poissons de l’océan ?
Comment être solidaire du routier et de l’automobiliste alors qu’ils empoisonnent et estropient une bonne partie de la population ?
Comment être solidaire avec les agriculteurs qui veulent payer moins cher les pesticides et engrais chimiques qui polluent notre sang et nos rivières ?
Le pétrole c’est fini les amis, vous êtes “out”.
Vous faites partie de l’arrière garde, et ce n’est pas l’argent public qui va vous renflouer, car “les caisses sont vides” et pour le coup ça tombe plutôt bien !
Ford Mustang (Serge Gainsbourg) 1968
On s’fait des langues
En Ford Mustang
Et bang on embrasse les platanes
« Mus » à gauche, tang à droite
Et à gauche à droite
Un essuie-glace
Un paquet d’cool
Un badge avec inscrit d’ssus keep cool
Un’ barr’ de chocolat
Un coca-cola
On s’fait des langues
En Ford Mustang
Et bang on embrasse les platanes
« Mus » à gauche, tang à droite
Et à gauche à droite
Une bouteille de fluide
Make up
Un flash, un browning
Et un pick up
Un recueil d’Edgard Poe
Un briquet zippo
On s’fait des langues
En Ford Mustang
Et bang on embrasse les platanes
« Mus » à gauche, tang à droite
Et à gauche à droite
Un numéro de Superman
Un écrou de chez Paco Rabanne
Un’ photo d’Marilyn
Un tub’ d’aspirine
On s’fait des langues
En Ford Mustang
Et bang on embrasse les platanes
« Mus » à gauche, tang à droite
Et à gauche à droite
Torrey Canyon (Serge Gainsbourg) 1968
Je suis né
Dans les chantiers japonais
En vérité, j’appartiens
Aux Américains
Une filiale
D’une compagnie navale
Dont j’ai oublié l’adresse
À Los Angeles
Cent vingt mille tonnes de pétrole brut,
Cent vingt mille tonnes
Dans le Torrey Canyon
Aux Bermudes
À 30 degrés de latitude
Se tient la Barracuda Tankers Corporation
Son patron
M’a donné en location
À l’union Oil company
De Californie
Cent vingt mille tonnes de pétrole brut
Cent vingt mille tonnes
Dans le Torrey Canyon
Si je bats
Pavillon du Liberia
Le cap’tain et les marins
Sont tous italiens
Le mazout,
Dont on m’a rempli les soutes,
C’est celui du Consortium
British Petroleum
Cent vingt mille tonnes espèces de brutes
Cent vingt mille tonnes
Dans le Torrey Canyon