Bobo, bio et préjugés

bobobio

Je me souviens de la scène, il y a quelques années déjà. Lors d’une discussion, je voulu  partager ma satisfaction d’avoir un bio coop à coté de chez moi dans le XIXe arrondissement à Paris. Et là, l’inévitable phrase tombe sournoisement : “Normal, c’est un coin à bobo, le bio c’est pour les bobos ”. Ce fut la première fois – et malheureusement pas la dernière – que j’entendis le terme “bobo” alias “Bourgeois Bohème”.

Le bio, c’est bobo”. “Le vélo dans Paris c’est bobo”. Combien de fois ai-je dû entendre ces idioties, ces préjugés.

Deux choses me choquent : d’une part le fait qu’il est imbécile et dangereux de catégoriser la population positivement ou négativement. Tout cela me rappelle la puanteur collaborationniste française et la discrimination noire Américaine, dans une moindre mesure bien sûr, mais l’idée est là : séparer la population en castes, artificiellement.

D’autre part le fait que l’on se moque de personnes qui adoptent des comportement vertueux quels qu’ils soient. Il m’est égal de savoir si la personne qui fait du vélo ou fait ses courses a côté de moi soit aisée financièrement ou pas, ce qui importe, c’est que son comportement soit vertueux, et que cette personne se pose des questions, essaye de bien faire.

Il est de bon ton de rire des bobos, quelle poillade… “Ah ces cons de bobos qui mangent bio, mais en fait ils n’ont rien compris ha ha ha !! Ils font du vélo, mais mon scénic est bien plus pratique, ha ha ha !! Surtout pour aller faire les courses au supermarket ah ah ah !!”

Tout cela ne me fais pas rire et j’ai vraiment l’impression que ces dogmes nous empêchent tous d’avancer et nous séparent insidieusement, “diviser pour mieux régner” comme dit l’adage.

Et pendant ce temps, les vrai dominants, eux, se cachent dans leurs immenses appartements très chiques, parisiens. Ils contrôlent tout, a commencer par le pantin politique dont ils sont l’ami, mais ils sont invisibles. Ils sont plutôt vieux mais très puissants. Et eux veillent à ce que jamais l’on ne puisse les catégoriser, et puis de toute façon ils sont trop peu nombreux pour cela. Ils veillent à ce que le rmiste se batte avec le smicard pour continuer à palper, tranquillement, paisiblement, sournoisement. Et tant que la misère progresse le profit grandit.

Pourquoi le vin bio ?

C’est la panique chez les producteurs de vin adeptes de l’agrochimie. Le vin cet emblème de la culture française et du bien vivre, est blindé de pesticides !

Selon Libération :

“Les associations du réseau européen d’action contre les pesticides (Pan-Europe) ont mené l’enquête. Et les résultats présentés hier sont troublants. Les pesticides subsistent bel et bien à la transformation du raisin en vin. Les 34 bouteilles de vin conventionnel passées au crible se sont révélées contaminées. En moyenne, les échantillons prélevés contenaient 4 pesticides différents et jusqu’à 10 pour les plus suspects. Le problème ne semble pas lié à la qualité des vins. Trois bouteilles de crus français valaient plus de 200 euros chacune.”

(…)

“Sur les 24 pesticides identifiés dans l’étude de Pan-Europe, cinq sont classés par l´Union européenne comme cancérigènes possibles ou probables, toxiques pour la reproduction, perturbateurs sur le plan endocrinien ou encore neurotoxique. (…) «La viticulture occupe 3 % des surfaces cultivées en France mais consomme 20 % de l’ensemble des pesticides utilisés», souligne François Veillerette.”

Et pendant ce temps un petit groupe de passionnés (souvent méprisés par la profession) résistent devant la toute-puissance de la chimie, de l’ancienne conception du monde. Une conception où l’on prend tout à la terre — exploitée et maltraitée — sans rien lui donner en contrepartie.

Et ces résistants gagneront le combat, car le vin bio est infiniment supérieur, en qualité (mais pas en prix) !

Je vous conseille par exemple, les vins de David Poutays, agriculteur Bio-Dynamique, avec qui j’ai pu discuter lors du 6ème Marché aux vins bio de Montreuil sous Bois (22 mars 2008). Qui propose des vins incroyables à des prix raisonnables, son vin blanc De l’Ombre à la Lumière millésime 2005 en est un bon exemple.

Sources :

http://www.liberation.fr

http://bouffonsbios.ouvaton.org

http://www.mounissens.com

http://www.mdrgf.org

L’irradiation (ou ionisation) des aliments

Je m’ interrogeais naïvement l’autre jour sur la présence de la mention « garantie sans irradiation » sur le flacon de mon poivre bio. Et bien oui ce n’est pas une blague, sur le site du CEA (commissariat de l’énergie atomique), on apprend « L’irradiation par rayonnements gamma permet de stériliser des épices. ».

C’est t’y pas beautiful ça mon ami, ce que le progrès est capable de faire pour toi ! T’as même pas besoin de le demander que l’on te rend service.

D’où l’inévitable question, si moi je ne le savais pas… qu’en est-il de l’information du grand public ?

Ah oui au fait, selon wikipedia (et pas uniquement) on apprend des rayons gamma qu’ « Ils produisent des dégâts similaires à ceux produits par les rayons X ou les ultraviolets, tels que brûlures, cancers et mutations génétiques ».

Enfin en creusant un peu plus, on se rend compte que les épices ne sont pas les seules victimes du processus d’ « ionisation », et oui ça fait moins crade que le terme irradiation qui a un côté un peu désordre depuis un petit incident Ukrainien dans cette feu douce ville de Pripiat.

Ainsi, la salade emballée est irradiée par exemple, il en est de même pour un grand nombre de fruits et légumes, pommes de terre, oignons, échalottes, volaille, cuisses de grenouilles et crevettes congelées etc… La liste est longue.
Il est difficile de savoir si un produit est irradié, puisqu’il n’y a aucun affichage, la transparence n’étant pas de mise dans ce domaine.

L’ intérêt de la technique pour les industriels est de réduire les coûts de production tout en leurrant le consommateur sur la fraîcheur du produit (plus grande conservation dans le supermarché).

L’ intérêt pour le consommateur est nul, ou plutôt négatif puisqu’il consomme des produits cancérigènes (mutation consécutive à l’irradiation) et vidés de leur pouvoir nutritionnel (l’ionisation peut détruire par exemple jusqu’ à 80% de la vitamine A des oeufs).

Selon la criirad les effets sur la santé ne sont pas anodins car : « les doses délivrées aux aliments (même celles dites « faibles ») sont mortelles pour les êtres humains ».
Par ailleurs le procédé d’irradiation produit des déchets radioactifs (et les installations sont répertoriées par les pouvoirs publics au même niveau de risque que les centrales nucléaires).

Allez je vous rassure, il y a une solution (simple en plus) qui consiste à allouer notre pouvoir d’achat à des gens responsables et soucieux de l’environnement ; à savoir la filière bio.

Et n’ hésitez pas à informer les pauvres malheureux qui achètent de la salade en plastique, ou sous plastique – c’est au choix- qu’ils feraient mieux de se remettre au Big Mac…

Pour en savoir plus:

Le dossier de la criirad « Ne pas confondre aliments « contaminés » et aliment
« irradiés » ou « ionisés »

http://www.criirad.org/

Aliments irradiés : le grand secret
http://www.bioweight.com

Public Citizen (U.S)
http://www.citizen.org

http://www.irradiation-aliments.org

La marche contre les cultures OGM

Marche ogm paris

marche contre cultures ogm josebove

En ce 13 octobre 2007, place de l’Hôtel de Ville à Paris, des citoyens se sont regroupés pour revendiquer le droit de produire et consommer sans OGM.

Ce rassemblement est l’aboutissement de la grande marche nationale entamée à Chartres le 9 octobre.
José Bové, Arnaud Apoteker, Noël Mamère et bien d’autres encore ont pris la parole, demandant l’instauration d’un moratoire sur les OGM. L’accent a été mis sur l’impossibilité de contrôler les semences OGM qui se disséminent dans la nature.

Arnaud Apoteker (Greenpeace) a expliqué que les “22 000 ha OGM, (moins de 1% de la surface française), provoquent déjà des dégâts dans les campagnes”. Il évoque notamment la contamination du miel et du pollen, mais aussi des cultures biologiques.

Noël Mamère quant à lui encourage à “désobéir, pour ne pas se laisser imposer une agriculture totalitaire”.
Au final, c’est l’aspect superficiel du Grenelle de l’environnement qui a été dénoncé, pour lequel José Bové regrette l’absence d’une vraie logique de négociation.

Des producteurs biologiques étaient également au rendez-vous pour nous faire déguster leurs fromages, pâtés, miel, cidre etc…

Les semences bio Kokopelli

Kokopelli est une association qui vend des semences issues de l’agriculture biologique. Elle propose 2000 variétés (pour la plupart anciennes et rares) dont un millier dans la gamme « collection » réservée aux parrains de l’association. Les graines Kokopelli sont trouvables dans les magasins biologiques ou en vente par correspondance depuis leur site internet.

Les graines sont bio et reproductibles, car aussi étonnant que cela puisse paraître, les graines bio peuvent être stériles, non reproductibles, à savoir qu’il faut les racheter à chaque fois (ce sont les joies du capitalisme moderne appliqué à la nature).
Il est donc très important d’acheter nos graines chez ce type de petits semenciers pour ne pas enrichir les semanciers industriels qui méprisent l’environnement et la diversité des espèces.
Ces entreprises peu scrupuleuses (à boycotter donc) s’appellent Limagrain, Baumaux, Monsanto, Bayer etc…

Cette interview très intéressante de Bruno Morandeau de l’association Kokopelli nous permet de mieux comprendre les enjeux actuels en la matière (à savoir la question des OGM évidemment, mais aussi celle des pesticides, des brevets sur le vivant, des hybrides etc…).

Interview de Bruno Morandeau de l’association Kokopelli
Lors du salon « Planète en fête » 2006. Images : Gwendal Bazin

Sources:
Site de Kokopelli

Merci à Psychonouille et Gwendal Bazin pour cette vidéo

Machine à Pain et Pain au Chanvre

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Elle est, avec les germoirs et les noix de lavage, l’instrument indispensable du Gandhi Vert.
Car le pain pour un Français c’est un peu comme le chacra pour l’Indien, et faire son pain (pour nous) c’est comme tisser soi-même ses vêtements.

C’est un moyen de s’affranchir du boulanger qui refuse bêtement de fabriquer du pain « bio » sous prétexte qu’il n’aurait pas assez de clients. Mais c’est aussi une façon de se faire plein de « co-pains », de les nourrir dans les règles de l’art en soirée alors qu’ils avaient l’habitude jusque-là de ruminer de vulgaires chips indigestes.

Cela peut-être même l’occasion de goûter au « vrai » goût du pain!

D’autant que le pouvoir de ces machines ne s’arrête pas là, puisqu’ elles permettent de faire des pâtes à pizza, des brioches et autres confitures, en quelques minutes seulement.

Au niveau du prix, comptez environ 80 centimes pour un pain bio de 1kg.

Pour le temps, il faut prévoir de 2 à 10 minutes pour la préparation et de 1 à 4h de cuisson (certaines machines programmables gèrent les départs differés, ce qui permet d’avoir son pain chaud et dispo le matin par exemple).

Alors levons le voile sur une recette inédite; un classique du Gandhi Vert, le délicieux « Pain au Chanvre » (bio évidement 😉

Pain au Chanvre:

Pour un pain d’ 1kg, mode de cuisson « Complet » ou « Français ».

3 cuillères à soupe d’huile d’olive

2 cuillères à soupe de vinaigre

360 ml d’eau

200 g de farine de seigle complète

500 g de farine d’épautre complete

1 cuillère à soupe de sucre

3 cuillères à café de sel

1 cuillère à café de Cumin

60 g de graines de Chanvre

2 cuillères à soupe de graines de lin

12 grammes de levure de boulanger

Vous trouverez des Machines à pain à tous les prix, il en existe des dizaines de modèles, une rapide recherche sur le net vous permettra de trouver votre bonheur.

Et puis libre à vous d’inventer des recettes au fil de votre mutation dans le monde merveilleux de la boulange…

Fabriquer son vinaigre bio

Il est très simple de faire son propre vinaigre de vin chez soi. Il vous faut :

  • Une mère de vinaigre (un voile visqueux), pour cela vous pouvez réutiliser une bouteille de vinaigre bio du commerce qui a déjà un peu traîné. Vous pouvez aussi verser un peu de vinaigre bio non pasteurisé dans une assiette, la mère se formera à la surface.
  • Des fonds de bouteilles de vin (ou de cidre) bio ; Il suffit de rajouter 1/3 d’eau dans la bouteille avant de la verser dans le vinaigrier (pour abaisser le taux d’alcool).
  • Un récipient en verre voire un vinaigrier pour les puristes.

Il suffit ensuite de régulièrement alimenter le vinaigre en fonds de bouteilles de vin bio (pour nourrir les bactéries avec l’alcool).
Pour ma part j’utilise une vieille bouteille de vinaigre bio dans laquelle il suffit de rajouter régulièrement des fonds de bouteilles de vin.

Nouvelle réglementation des produits bio en Europe

Les craintes des associations écologistes (et de certains médias) se sont révélées justifiées, les ministres de l’agriculture des 27 pays européens ont décidé que la présence d’OGM dans les produits bio pouvaient atteindre 0,9% du produit !

C’est un avant gout de ce que l’on nous prépare, à savoir une généralisation et une banalisation des OGM en Europe.

« L’association écologiste, les amis de la terre a quant à elle, déploré que la Ministre de l’Agriculture et de la Pêche française, Mme Lagarde, ait soutenu ce nouveau règlement. Selon elle, en portant le seuil d’acceptabilité d’OGM dans l’agriculture biologique au même niveau que l’agriculture traditionnelle, les Ministres se sont prononcés à l’encontre de l’avis du Parlement européen pourtant élu directement par les citoyens. L’association menace que dans de pareilles conditions, le Grenelle de l’environnement ne se transforme en ‘Waterloo’… « 
Cf- Actu Environnement

En savoir plus sur le site de Actu Environnement:

EDIT: Extrait de l’interview de Céline Raigneau qui dirige une coopérative agricole à Belfort.

Source: Le figaro du 13 juin 2007

Pour les producteurs, ce label bio européen est-il plus ou moins contraignant que les labels français ?

Ce label est moins contraignant. Jusqu’à présent, les agriculteurs bios français faisaient figure de bons élèves avec un niveau de qualité des produits assez élevé. Or, ce nouveau label, qui devrait concerner tous les produits biologiques d’ici à 2009, impose un cahier des charges moins strict et plus laxiste et abaisse par conséquent le niveau d’exigence dans la qualité des produits. C’est le cas, par exemple au niveau de l’utilisation de certaines substances pour les élevages. Ce label bio européen est un nivellement par le bas.

Le fiasco de l’agriculture (non bio)

« Nous ne faisons plus de cultures en Europe, nous gérons de la pathologie végétale… »

« On ne mettait pas un pesticide en 1950 sur les blés en Europe (…) maintenant c’est au moins 3 ou 4, sinon le blé il est pourris avant d’arriver dans le silo »

Voici le témoignage de Claude Bourguignon Agronome (et ancien de l’INRA):

Une preuve supplémentaire de la nécessité de consommer bio, et de s’informer sur l’ensemble des produits que nous consommons. Pour l’environnement, mais aussi pour notre santé!

Vidéo extraite du film Alerte à Babylone de Jean Druon (éditions voir et agir)